Comme un Papa qui veille sur nous de là-haut … à Etienne.

Souvent, nous avions pris l’habitude d’écrire de nos balcons pour dire à quel point il fait bon vivre sous les cieux de Pondy, sous la mousson de Karaikal, le long des rivages du Mékong, au bord des rivières du Laos.

Souvent, nous avions pris l’habitude d’écrire de nos terrasses indiennes pour s’émerveiller de nos projets, des rires et sourires des enfants.

Souvent, nous vous envoyons ce qu’il y a de plus beau car la Terre est si belle dans les yeux d’un enfant.

Et un jour, une brume se lève et dépose sur nos coeurs, un peu de poussière,  » un peu de mort sur nos visages » (Gabriel Ringlet). Un frémissement de vent qui soulève les souvenirs et arrachent à nos vies un être cher, Dehors, à Fort-de-France, le soleil brille, l’île aux-fleurs se pare de ses plus belles couleurs, les arcs-en-ciel se déploient sur la baie, sur les Mornes, nous sommes loin d’imaginer qu’au bout de la Terre, nous perdons un rayon de soleil.

Etienne est un porteur de Lumière, une espèce rare en voie de disparition, un Homme d’une droiture jamais rencontrée, un idéaliste qui transpire de joie et de bonté, un amoureux fou de la rencontre, un Père exceptionnel … Un mentor pour moi, un socle de vie … Il fait partie de cette bande de Fantastiques du Lycée Maria Assumpta. Pour des milliers de jeunes qui sont passés dans ses classes et qui ont découvert une forme de douceur à suivre son enseignement, il reste une trace indélébile. Il porte sur son épaule la jeunesse, la transcende et montre à l’enfant, l’avenir d’un monde toujours plus beau.

Etienne, c’est un magicien. D’un ado un peu turbulent, il arrive à faire sortir le beau. Il l’entraîne sur les planches, tout comme les timides, les grandes gueules. Etienne, c’est la Lumière dans l’ombre, assis tantôt au cinquième rang tantôt tout au fond qui gueule sans cesse  » Articule, respire, plus fort ! »; c’est le mec avec ses éternels pieds nus dans ses dockside, c’est le mec aux deux verres vins blancs, c’est le prof toujours la main en poche qui ne peut s’asseoir, c’est l’éternel costume noir et chemise blanche, Etienne, c’est le cercle. Il n’y a pas d’angle, par d’arrête, il nous tourne en bourrique pour toujours trouver le bon bout de la raison. C’est Rouletabille en culotte courte, c’est le génie de la mise en scène, c’est le paravent de toutes les critiques, c’est un meneur d’hommes à l’écoute de l’équipe. Etienne, c’est un rire particulier, c’est une accentuation de voix si reconnaissable, c’est l’interjection qui nous remet à notre place :  » Wouais, mais quel klet tu fais ! Mais réfléchis, ça c’est pas malin !« . Etienne, c’est un visage particulier avec son nez de Cyrano, deux petits yeux noisettes surmontés d’une chevelure indémodable en forme d’hérisson des Fagnes. Etienne, c’est une façon d’être si disponible qu’on se demanderait comment il fait pour avoir une case d’amitié pour chacune et chacun d’entre nous. C’est un comique de présentation, c’est un sourire, c’est une caricature de la comédie, c’est un génie de l’auto-dérision, c’est un artiste.

Etienne, c’est une serviteur souffrant. Il a une sainte horreur de la souffrance. Fils unique, il cultive sa Terre d’Amour au dernier rang de la messe, en toute discrétion. Il est profondément chrétien humaniste et de sa communion, il en tire sa force de la semaine sans jamais entraîner les autres à croire comme lui. Il suit son chemin dans les pas de sa Petite Soeur Simone qu’il chérissait tant. Il porte en lui l’espérance, sans jamais prendre soin de ce que lui voudrait, il place la dignité humaine, l’amitié, la rencontre, l’amour de son prochain au-dessus de tout. Ses filles chéries, Camille et Sarah sont ses trésors, ses amours, Nath ou Cath, qu’importe; il est fait pour aimer à 200%, toujours. Sa famille ? C’est son cercle. Ses amis ? Son Terroir. Ses élèves ? Ses grains de blé qui poussent en terre et qui feront l’avenir de demain entre nos mains. De ses inimités, il en tire sa force de combat pour une justice toujours plus vraie. Notre amitié est née de cette souffrance quand un de nos amis perd pied, quand les incompréhensions de la vie professionnelle nous interpelle, quand l’Amour vacille sur son fil devant la porte close d’un garage bourré de décors de théâtre, quand Notre Petite Soeur s’en va rejoindre son Dieu d’Amour. Etienne a cette relation particulière aux religieux, à Dieu, à ses secrets; il faut être un serviteur souffrant pour pouvoir tenir entre ses mains sans se brûler la flamme de l’espérance en un monde plus beau si haut ! Un témoin de l’Amour.

Etienne, c’est de l’enfance, de l’adolescence, du monde adulte. Je suis un de ses nombreux enfants. Avec sa bande de Fantastiques, il m’a montré la voie pour devenir enseignant. Par mimétisme, par pâle copie, j’ai tenté de marcher avec lui. Avec cette bande de fous furieux, je me suis édifié dans le respect de cette tradition. Je suis fier de ma petite carrière qui m’a vu monter des pièces de théâtre à mon tour; grâce à ton soutien Etienne et tes venues avec tes classes aux représentations, Je suis fier que tu m’aies transmis dès mon plus jeune âge le bénévolat humanitaire comme pour ton engagement sans faille pour Djuma. (https://assumpta.be/Carnet-congolais-ou-retour-a-Djuma. ) » Les Enfants de Pondy » perde un homme d’une rare bonté, depuis 5 ans, tu accueilles le siège social de l’association. Comme tu adorais tant porter l’Enfant du Doute et de l’Incroyance sur ton épaule, il reste pour nous désormais, Etienne, un héritage à poursuivre, à grandir, à ne jamais oublier.

Etienne, je suis fier d’être ton ami, d’être ce que je suis, toi qui m’as vu grandir. Comme un Papa qui veille sur nous de là haut, tu ne nous manqueras jamais car tu habites en nous, tu nous accompagnes. Comme tu accompagneras à jamais notre vie de famille, comme nous ne pourrons jamais oublier cet accompagnement dans la réussite de Maya à son retour de voyage, comment tu es arrivé à lui rendre son sourire, sa confiance, sa beauté avec Flo, une nouvelle Fantastique de la bande. Elle t’offre un peu de Ganesh pour poursuivre la route. Elle se fait un plaisir d’exceller pour toi en littérature comme un latin, sa promesse renouvelée en ce jour en famille en parlant de toi.

C’est donc avec un peu de poussière sur le visage, avec cette tristesse que je dois te laisser, avec un coeur si lourd qui ne peut plus pleurer car j’ai ton image dans les yeux, et tu me souris, tu nous souris. Comme toutes les fois où tu as accueilli la naissance de nos enfants, comme pour toutes les fois où tu nous as donné la Force de toujours être des Fous d’amour, à notre tour de te dire que nous t’aimons.

l’asbl « Les Enfants de Pondy » te souhaite l’Amour éternel.

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