Le Voyage des Pionniers de la 77° Beauval : carnets de routes

« Préambule : Dimanche sous 42°c »

Drôle de voyage qui nous verra emmener 23 personnes pour devenir les propres témoins de l’agir humanitaire que nous leur proposons à travers nos 4 projets indiens. C’est une grande première pour nous, pour moi,… D’autres que nous cette fois irons découvrir une vie, notre vie,… une part de nous en Inde, …trop ? Je voudrais du coup chasser l’appréhension du regard, du recul, de l’indifférence. Seront-ils seulement touchés ? Vivront-ils de la stupeur, un tremblement, un frémissement, une culpabilité ? Avanceront-ils d’un pas vers la main tendue de l’enfant ? Comprendront-ils le hochement de la tête qui semble dire non mais qui dit oui ? Goûteront-ils aux saveurs épicées, enchanteresses des palais ? Que se passera-t-il ?

Plus de huit mois d’un travail intense, huit mois de riches rencontres, de prises-de-tête aussi. Normal, l’Inde c’est loin, c’est étrange, attirante et repoussante à la fois.

Étrange, le mot est revenu naturellement. À la lecture des Carnets Indiens précédents ; c’est celui-là qui revient le plus avec amour, fragilité, enfants, amoureuse, étrangère, les Sœurs, … et j’en passe.

Un mot sur les Sœurs, tiens,… Quel accueil et quel courage malgré qu’elles nous prennent pour des fous.

Et la folie nous guette comme elle nous guettera là-bas : « Il fait 42°c ce dimanche, nous raconte Daniel de Pondy,…. » ; ça va aller !

Que ce voyage soit un émerveillement pour tous les PI, les parents et Nicolas !

Ça va aller, les PI ! Vous aurez sans doute du mal à vous imaginer l’univers indien. Partez avec la Confiance, maître mot de ce voyage ; confiance en votre Staff, en votre chef Chikaree, vos parents qui vous soutiennent de loin ; confiance en nous qui seront là à tout instant, confiance que vous font les Sœurs en vous remettant leurs enfants entre vos mains.

Bisous,

Fabien Prakash. 

 

 

 

« Retour en Terre indienne »

Ca y est , on est le mardi 2 juillet, c’est enfin notre arrivée en Inde ! Un vol sans problème, la chaleur du haut de la passerelle, les odeurs…oui c’est bien ça ! Encore 2h30 en van et nous sommes arrivés à Pondy.

Les sœurs souriantes….nos loulous qui reviennent comme ils reviennent à la maison…ça y est nous y sommes ! Petit dej avec la communauté puis  repos le matin pour les enfants. Fab part acheter  du bois pour les constructions, et vers 16h, gros goûter offert par les sœurs avec les pionniers.

Ensuite nous visitons hôpital, la maternité et  la pouponnière avec eux. C’est à nouveau la Saint Nicolas pour ces enfants abandonnés, nous leur offrons les surprises qui nous restaient à transporter de la «Saint Nicolas des Enfants de Pondy ». Moment de joie intense pour ces tous petits ! Les pionniers ? Je les sens un peu sur le qui-vive….un peu perdu….étonnés par ce qu’ils voient….il faut du temps pour modifier la vision de ce qu’ils imaginaient du voyage, je pense…. Une ambiance déroutante, un lieu de camp qu’ils ne pouvaient imaginer (chez les garçons des rues), des religieuses très attentives, mais aussi un peu stressées….Le soir, ils retournent manger dans leur communauté. Le repas de la veille avait semblé un peu difficile, les scouts d’un côté, les enfants de l’autre, frustrations ! Ce soir, bonne nouvelle le repas se prendra en commun mais par terre !

Mercredi, le 3 juillet,

Fabien repart chercher les outils pour les constructions des pionniers chez les garçons des rues. Moi, je pars avec Nicolas (un collègue prof de Fabien), qui nous a rejoints, faire notre premier tour en scooter à la découverte de Pondy. Il fait étouffant ; Maya, Noé et Léo sont fous de joie.  Après 16h, fin de la sieste sacrée en Inde vu la chaleur, les pionniers nous retrouvent à l’hôpital. Premier arrêt : un temple dédié à Ganesh, l’éléphant qui protège ce temple est fidèle à son poste. Ensuite, arrêt chez Vodaphone pour équiper les chefs de GSM, puis direction le marché où chacun semble trouver son bonheur dans le marché aux tissus.

Finalement à 18h, rendez-vous à la villa Rosalie (les petites filles sidéennes, vous vous souvenez ?). L’accueil est super, une magnifique fleur souhaitant la bienvenue, a été dessinée sur le sol, et les puces sont sur leur « 31 » ! Les pionniers ont ramené des cadeaux très girly qui font sensations (enfin, l’échange se fait surtout entre filles…les filles de la villa semble intimidées par tous ces garçons !). Et puis, c’est à nouveau une super Saint Nicolas, et un moment de grandes joies pour ces petites filles ! Elles ont à présent hâte de mieux connaitre les pionniers lors des futures activités… Comme les émotions ça creuse, nous mangeons dans un petit restaurant indien tous ensemble.

Et nos 3 loulous ? Ils nous suivent, découvrent les pionniers ainsi que les enfants de nos projets. Pour l’instant ils sont fatigués mais heureux ! Et nous, enfin surtout Fab, nous nous partageons entre les pionniers (que nous découvrons enfin en dehors de la communauté !), les sœurs à épauler, les petits bouts de nos projets, et les nôtres ! Beaucoup de bonheur, mais beaucoup de travail !

Aujourd’hui, c’est jeudi, le 4 juillet.

A 10h, nous retrouvons comme tous les jours les pionniers. En ce moment nous ne les quittons plus ! Nous partons avec 8 autoricks à la découverte des ateliers Shanti, dans un quartier pauvre de Pondicherry.. Rien que la balade est  déjà un moment de pur bonheur. Nous regardons l’émerveillement dans les yeux de PI monter dans ces drôles de voiturettes jaunes ! Les selfy sont nombreux, les caméras sont en action. Nous nous rendons  d’abord chez Madeleine Deblic, la créatrice des ateliers Shanti. Originaire de Liège, elle est arrivée en Inde au début des années’60 : créatrice du Volontariat Shanti, connu en Suisse, en France et en Belgique. Le Volontariat venait en aide au départ aux lépreux ; depuis elle s’est beaucoup diversifiée : parrainage…école….broderie et tissage….suivi médical…accueil des personnes âgées…. Quel travail elle fait ! Elle nous raconte son parcours puis nous partons visiter ses projets. Nous  finissons par les ateliers de tissage, où on nous donne un cours.

Ce midi, nous sommes invités à manger à l’hôpital. Une table magnifique est dressée et un buffet a même été cuisiné. Au menu : frites, poulet….un régal pour tout le monde après ces quelques jours de riz ! Les PI repartent vers leur camp. Un premier débriefing est prévu afin de faire le point sur ces premiers jours de camp.

Pour ma part, les PI, aujourd’hui, je les sens à l’heure indienne…. Par l’habillage déjà – ils ont tous inaugurés les achats de la veille-, mais aussi  plus calme, plus sûr d’eux…ça y est l’Inde commence à leur rentrer dans la tête…. Ceci n’est que mon impression bien sûr, leur blog et notre réunion de tout à l’heure  nous en dira peu un peu  plus…..

A très vite,

Charlotte.

 

 

Regards croisés de Charlotte et Fabien (4 au 10 juillet 2014)

Charlotte : Je vous ai laissés dans mon récit jeudi, le 4 juillet en fin d’après-midi….une réunion avec les PI était prévue pour mieux connaitre leurs ressentis sur le début du voyage…pour voir l’évolution du travail dans la « plaine »et pour moi, revoir ces enfants des rues. Maya, Noé et Eléonore découvrent pour la première fois ces enfants que nous soutenons financièrement dans notre association. 40 minutes de scooter est on y est, nous arrivons à Kallapet. Chacun vague à ses occupations, les pionniers comme les enfants. Certains sont en train de monter les buts, et de finir le terrain de volley. Les jeunes garçons sont très intéressés par le montage… Enfin tout le monde est prêt, nous pouvons commencer la réunion. Un tour de table est proposé. Pas de gros problèmes, ils commencent à s’habituer effectivement….Le ton de nos ballades sont peut-être un peu trop ‘scolaires’…mais difficile pour nous de nous détendre avec des jeunes que nous ne connaissons pas ! Nous devons apprendre à les connaitre, veiller à leur sécurité, veiller à un programme satisfaisant pour eux…veiller au confort des sœurs de Cluny, et veiller aux enfants de nos projet! Et pour notre famille, adopter un rythme qui nous permette de tenir….Dur…même si nous l’avons voulu;!
De retour, à Pondicherry, retrouvaille avec notre ami Franco Pondichérien : Daniel, vous vous souvenez, l’ami très présent avec sa femme, Marie, lors du voyage de Fabien à Noël ? Nous prenons un bon repas au club avec Daniel et Nico…ce soir on se met sur pause !

Vendredi 5 juillet

Fabien : Une journée de repos après tant de jours passés à courir, à ne plus dormir ou trop peu : Les pionniers se mettent de leur côté au travail, ils débroussaillent le jardin, enlèvent les mauvaises herbes, raclent le sol rougeâtre propre à la plaine du Tamil Nadu, s’attèlent à la construction de goals de foot, … Petit à petit, ils prennent le rythme indien en se levant tôt, et à travailler dans la tiédeur matinale.

Nous les rejoignons en scooter et surprise un autorick de 14 places pour les emmener à la surf-beach, la plage préférée des expatriés français. Avec Daniel au commande et les PI entassés, je retrouve la petite famille sur la plage entourée par une bande d’huluberlus indiens les entourant. Les PI sont accueillis en fanfare, Daniel sonne la fin du jeu dans le plus pure style tamoul ; les jeunes se mettent à l’écart, le temps que les jeunes s’installent et plongent tous ensemble dans les eaux tumultueuses de la Côte du Coromandel.

Une heure plus qu’appréciable, tout le monde se détend.
Je repars avec Daniel vers Pondy,emportant dans mes bagages Chik et Capi,… une grande première pour eux de découvrir Grand Tourismo 2014 : »sur les routes indiennes ». Nous avons rendez-vous avec Soeur Elsi pour programmer la journée commune des PI et des jeunes filles sidéennes de la Villa Rosalie.
Direction le shopping pour la veillée du soir. Je les quitte en début d’après-midi : Charlotte m’attend impatiemment pour écrire la première page des carnets, ce que nous faisons très bien. Repos généralisé.
Nicolas nous surprend à vouloir prendre une soirée en solitaire en bord de mer pour la nuit et la journée de demain ; nous lui sourions et comprenons sa volonté de vivre une expérience inoubliable : voir le lever du soleil sur l’Inde endormie.

Je dois déjà reprendre la route en fin d’après-midi pour rendre visite aux PI qui préparent la veillée du soir. Malgré la fatigue, je dépose Nicolas sur la route et arrive au campement : Les PI sont presque prêts : ils souhaitent manger en même temps que les garçons des rues. Commence alors un chant d’ambiance digne d’un stade de foot qui comble les enfants suivi d’une macarena endiablée. Je suis fier d’eux, les enfants sont ravis ! La soirée sera bonne.
À mon tour de reprendre la route pour me rendre chez Daniel et regarder la défaite de l’équipe de France. La Belgique fera mieux, j’en suis sûr ! Ouf, la journée est finie et je me couche enfin, en pensant déjà à demain ! Mon Amoureuse, se retourne et m’enlace, me dit qu’elle m’aime.

Charlotte: Ce vendredi, Fab part plus tôt, réserver une camionnette pour le transport des PI. En effet, ce matin, ce sera également vacances pour eux, nous allons tous à la plage. Direction la plage des surfeurs (moins de courant), les filles ont pris leurs paréos….C’est parti pour quelques heures de détentes. Des jeux de ballons se font rapidement entre pi et indiens du coin ! En fin de matinée, les PI rejoignent leur camp, 2 des chefs vont en ville pour acheter de quoi animer la soirée. En effet, au programme, les PI doivent animer les enfants des projets le vendredi soir, le samedi et le dimanche. Ce soir l’animation se fera chez les street boys. Durant le repas de midi, Fab repasse à la villa Rosalie expliquer le planning du WE : Les sœurs aussi ont besoin d’être accompagnées ! Pour nous cet après-midi ce sera shopping, puis je prendrai le gouter avec nos 3 loulous sur la digue, pendant que fabien repart voir la première animation des PI. Petite crispation pour les PI quand fabien leur demande d’accélérer le rythme pour faire commencer les veillées. Debout très tôt, les plus jeunes garçons tombent de sommeil…il faut y aller ! Pour nous 4, rester à pondy, ce sera soirée dessins animées sur l’ordi, nos enfants ont besoin de souffler ! Nicolas est reparti dormir à la plage de ce matin, envie de saisir l’occasion ! Il a bien raison. Vers 23h, Fabien me retrouve donc sur notre terrasse…le temps de souffler et de parler comme autrefois.

Samedi 6 juillet

Charlotte : L’heure de Fab de faire un débriefing avec sœur Myriam (notre référence, et une des sœurs que nous connaissons le mieux).Je pars avec les enfants dans l’aire de jeux, sur le grand rond-point dans la ville blanche, près de la digue. Il y a de l’ombre, nous y sommes bien ! Fin de matinée pour voir nos petits loups de l’orphelinat et Fabien nous rejoint pour faire les achats minutes pour les parents : crème anti moustique, prise anti moustiques, changer de l’argent…ils arrivent cette nuit, nous nous préparons. Cet après-midi nous allons avec Nicolas voir les animations des PI avec les enfants des rues. Nicolas découvre ce beau projet…Il vous en dira peut-être un peu plus dans ses écrits… Ce matin un grand tournoi multi sport a été organisé ; ce midi échange de danse à la mode et quand nous arrivons à 16h, chacun vaque à nouveau à ses occupations…bien fatigués par ces heures passées ensemble en plein soleil ! Nous assistons à un échange musical très intéressant. Chicaree vous en dira peut-être un peu plus ! Nous laissons les scouts à leur journée et nous partons profiter de la fin d’après-midi à la plage avec Nico. Le soir ce sera moment détente chez Daniel, avec le match de la Belgique comme bonne excuse ! C’est chez Daniel que nous postons nos premières nouvelles Merci  Daniel! Et que nous découvrons le début du blog des PI à la rencontre de nos projets….et de leur camp. A 23h30, Fabien repart chercher les parents à l’aéroport…3h aller et 3h retour…nouvelle nuit blanche en perspective pour la bonne cause.

Fabien : Une nouvelle journée de repos, réservée uniquement aux enfants, une de ces journées pondichériennes qui ferait croire que le monde est langoureux, chatouillant, doucereux, chaleureux et très slow down. Une matinée consacrée à la glace promise sur la digue, un saut dans la foule pour préparer la venue des parents.
Une après-midi lente qui nous dirige vers le centre de Shnela Illam où les PI organisent les activités pour les Garçons. Une déception car celles du matin sont terminées tardivement et tout le monde se repose. Je présente le centre à Nico qui semble comblé au point qu’il se lance avec plus ou moins de réussite dans une partie de Volley-ball avec les courageux qui sont là. Mon équipe a largement méritée sa victoire ; enfin, je crois.
Nous dirigeons en fin d’après-midi vers la plage où a dormi Nico pour ses 24h en solitaire, pas vraiment une réussite : Les plombs ont sauté pendant toute la nuit, pas de fan, pas de lumière ; juste le bruit des vagues se fracassant sur les rochers, les insectes et les bruits suspects de la nuit. Le pôvre ! Il n’a dormi que quelques petites heures. Charlotte et moi le taquinons amicalement, lui ; gentillement avoue qu’il est mieux auprès de nous. Compliment Monsieur Nicolas, nous aussi, nous apprécions ta présence à nos côtés.

Pour fêter cette dernière baignade, nous sommes invités royalement chez Daniel pour le MATCH : Belgique- Argentine ! Ils est 21H, les joueurs entrent sur le terrain, après le chant de gloire de notre hymne qui résonne dans toute la maisonnée, les Diables dominent largement le début de rencontre. ET puis, … la 17°minute, horrible, le meilleur copain de notre Dries Mertens – l’ex du Real Madrid, le « Salaud-formidable » Gonzalo Higuain- plante une volée à coucher dehors.
(0-1)… Le froid emplit la pièce, le somptueux repas est oublié, je regarde tristement Charlotte et Daniel. Ils me comprennent, hier c’était leur tour ; Nico veut y croire mais c’est difficile. Même Noé est parti regarder un dessin animé. Il est 23h15 en Inde, il ne reste plus que 5′ de jeu, je dois abandonner lâchement mes Diables pour me préparer à chercher les parents à Chenaï-Airport. Drôle de Samedi où la poésie n’existe plus sachant que demain je devrai me contenter à nouveau des résultats de la Ligue Pro Belge, regarder des Lierse- Eupen plutôt que des Belgique-USA.

Vous ne m’avez pas cru, j’espère ! Comme si ça changeait quelque chose en Inde : Les projets sont lancés, il faut assumer et regarder devant, la troisième partie du voyage arrive,… encore un nouveau challenge : quel joie de retrouver Jocelyne et Marc, Patricia et Thierry !
Et m… encore une nuit blanche qui s’annonce,… dit Chacha, ça s’arrête quand ?
Bonne nuit,

NB/ à présent, je suis pour les Pays-Bas et l’Allemagne, si ça intéresse quelqu’un et pour Roger Federer contre Djokovic. L’avenir me dira si j’ai tort ou non.

Dimanche 7 juillet

Charlotte : Les parents Jocelyne et Marc, Patricia et Thierry arrivent en pleine forme ! Que du bonheur de les voir aussi enthousiastes. Nous les laissons se poser et se doucher, rendez-vous dans une heure pour un bon petit déjeuner à l’indienne. En attendant, nous partons à 5 retrouver les pionniers pour la messe dominicale. C’est extra, ils sont en uniforme impeccable ! Après la messe et la rencontre du prêtre, ils s’en vont avec le van des sœurs à la villa Rosalie, la maison des petites filles sidéennes ou dont les parents ne peuvent plus s’en occuper faute au sida. Les 2 couples découvrent la communautée lors du petit déjeuner et d’un lunch très festif. Moi je m’éclipse à l’heure de la sieste pour voir comment se déroule la journée des pionniers. Ce matin, Fabien les a conduits à la plage avec le chauffeur et toutes les filles ! Pour certaines, c’était une première fois ! Elles s’en souviendront de nos pionniers belges. Quand j’arrive, il y a un échange de danse et de chants. Ca à l’air de rouler. Je les laisse sous le regard vigilent et attendris des 2 sœurs qui dirigent cette chouette maison. Je rejoins tout la petite troupe pour un tour au marché avec Patricia, Jocelyne, Marc et Thierry. Beaucoup de « stand » sont fermés mais ils découvrent la ville. Fabien part remettre les pi dans le bus après leur temps libre dans Pondy de 17 à 19h30. Il se fait arrêter par un policier très zélé qui lui réclame son permis (rester à l’hôpital…). L’histoire se termine bien, mais premier contrôle de papier à Pondy ! Nous, nous rentrons un peu plus tard en autorick. Une petite mise en beauté, et surtout une bonne douche rafraîchissante et nous partons fêter l’arrivée des parents chez notre ami pierre au Satsanga.

Fabien : Je vous ai quittés à la fin du match; j’avoue qu’une bonne douche et un bon sursaut étaient nécessaires. Cette nuit, je pars chercher les parents accompagnateurs, je vais chercher aussi des amis que nous avons appris à rencontre: Jocelyne et Marc, Patricia et Thierry. Le chaffeur, Mani, rigole quand je lui promet de ne pas m’endormir,… J’ai tenu une bonne heure mais plus fort que moi, il faut récupérer.
Les parents arrivent à 3h00, ils me cherchent, je filme leur arrivée, … souvenirs et déjà la grande aventure qui commence.
Nous rejoignons le van des Soeurs et partons dans le nuit noire indienne, nous assistons au lever du soleil en longeant la Côte du Coromandel; ils sont fascinés. Arrivés à 7h00, le van part chercher les PI, les enfants se lèvent, nous partons pour la messe à la Cathédrale.
J’attends avec stress les PI, je sais que je me dois de les recadrer, de pousse « ma gueulante », extérioriser les sous-entendus, les mécompréhensions, les non-dits; pour que le voyage puisse se faire dans une meilleure ambiance et que l’asbl puisse y trouver son compte: à la lecture du blog des pionniers, pas un mot sur nous ni sur les projets soutenus par l’ASBL, pas de photos des projets ; un peu comme si nous n’existions pas, comme s’ils étaient arrivés par leurs propres moyens en Inde, sans but, sans objectifs. Cette nouvelle vexation me pousse à « une gueulante » dont je ne suis pas fier : un climat glacial plonge l’ambiance, je romps la négociation et exige de la part des Pionniers une solide remise en question et une correction du blog afin que nous puissions vous le partager. Charlotte essaie de déminer la situation et tente d’expliquer ma réaction. Malgré tout, je les conduis à la plage ; les filles de la Villa Rosalie rêvent de voir la mer.

L’après-midi, les PI sont à la Villa Rosalie avec au programme : danses, jeux, tressages de bracelets.
Le soir, nous faisons découvrir Pondy aux parents, histoire qu’ils puissent s’orienter facilement dans la ville : Jocelyne et Patricia entrent dans tous les magasins de chaussures, Marc cherche une chemise indienne, Thierry achète une ceinture dans la rue, … Bref, c’est parti !
Le soir, Pierre nous accueille au Satsanga, seul manque à l’appel notre ami Daniel ; le programme est construit : Charlotte restera ces trois prochains jours avec les parents à Pondy en compagnie de Maya et Léo ; j’ emmènerai pour ma part les PI à Karaikal du lundi au jeudi avec Nico et Noé.
Cha nous y rejoindra mercredi soir.

L’Inde est un croisement, une multitude de chemins de vie qui se nouent, se mélangent, s’apprivoisent. Des routes qui s’échangent,… le programme est bien ficelé, je l’ai dans ma tête, elle n’est pas encore prête à exploser,… juste le coeur qui doit se blinder, … ou s’ouvrir enfin pour s’apaiser ?
Je vous embrasse.

 

Lundi 8 juillet ,

Charlotte : Fabien a quitté l’hôpital à 5h30 avec Noé, Nicolas et sœur Myriam. Moi je garde nos filles avec moi. Ils passent prendre les pi et puis en route pour le beau temple de Chindambarram. Ils mangeront là-bas et ensuite reprendront la route vers Karaikal découvrir nos 2 autres projets. Pour ma part, ce matin, je fais visiter l’hôpital aux parents, et nous finissons par l’orphelinat. La plupart des enfants sont à l’école, nous devrons repasser. Mais je leur fais découvrir les lieux…et les tous petits….C’ est aussi le lieu des premiers pas de Fabien. Ils rentrent dans notre histoire… Cet après-midi, nous retournons enfin au marché voir le stand de vêtement pour les parents (ne vous inquiétez pas, Maya se fait aussi gâter…), puis visite de la Villa Rosalie. Un chouette moment tout en émotion avec les sœurs. Nous nous asseyons un peu à l’écart des filles et elles nous parlent de leur magnifique mission. Cette maison dégage toujours autant d’amour ! Que de beaux visages ! Merci à vous, parents d’être tellement attentif à ce qui nous touche Fabien et moi ! Nous rentrons à l’hôpital en scooter. Et oui, les 2 couples s’y ont mis, à nous la liberté ! Nous finirons la soirée sur la terrasse d’un hôtel de luxe, vu suer la digue de Pondicherry. Il n’y a pas de mal à se faire du bien, en plus il y à de la glace pour Eléonore qu’elle peut manger sans risque !

Fabien : Nouveau départ aux aurores, direction Karaikal. Nous embarquons les PI à 6h00 et direction le temps sacré – le plus grand de l’Inde du Sud- Chidambaram. L’ambiance est taiseuse, nous sentons tous qu’il faut calmer le jeu : il n’y a pourtant pas d’animosité dans les yeux, juste l’appréhension d’une future discussion possible. Bizarre mais ce climat met tout le monde face à ses responsabilités : la gueulante est dans tous les esprits mais le souffle du changement s’annonce.
Le van des soeurs s’arrête devant la porte du temple puis continue sa route avec nos bagages : Soeur Myriam est pressée d’arriver la première pour préparer notre accueil.
Nous prenons un guide officiel qui nous montre les merveilles du temple, les PI et Nico s’étonne de la grandeur et de la complexité des oeuvres architecturales indiennes : l’hindouisme est bien compliqué et s’assimile pour le profane que nous sommes à une courte tentative de comprendrela Trinité : Brahma – Vischnou – Civa.
Chidambaram est une temple dédié à Civa qui danse : Nataraja – soit le maître de la danse ; de suite les images de Tintin reviennent (voir le Cigare du pharaon).

À la sortie du temple, sous un soleil de plomb, nous nous dirigeons vers le bus-stand. En chemin, court arrêt dans un bar – une bière infect et un sweet lemon soda ont raison de notre estomac. Heureusement, le repas de midi est délicieux.

Après deux heures de route, nous arrivons à pieds à Puduthurai – au Sint-Rock Hospital of Cluny. Les PI s’installent dans la salle d’animation, tout le confort leur est offert. Le temps est au repos bien mérité, le voyage dans la chaleur et le bruit est fatiguant. Retrouvailles avec la Communauté et Soeur Myriam qui a eu juste le temps de tout préparer. Temps libre pour tout le monde et repas en Communauté. En fin de soirée, les Chefs, par l’entremise de Nicolas me demandent d’aplanir nos différents : ils rencontrent les mêmes difficultés,… après une franche discussion tard dans la nuit, il semblerait que les frustrations mutuelles sont mises à nu et que le mode de fonctionnement à venir pour la gestion quotidienne des PI et du voyage est trouvé. La nuit porte conseil.

 

Mardi 9 juillet

Charlotte : Ce matin visite des ateliers Shanti (vous savez…visités déjà avec les PI…), puis une balade en bord de mer est prévue. Mais les 2 couples sont portés par l’endroit, et après les ateliers de tissage, nous partons rencontrer Madeleine Deblick  et visiter l’ école ainsi que le stand d’artisanat.
Cet après-midi, nous ne sommes attendus qu’à 18h pour rencontrer les sœurs qui gèrent les enfants des rues. Baignade donc en vue avec Daniel et les parents. Petit arrêt, pour un verre autour d’une magnifique piscine (Léo rêve de sauter dedans…promis Léo, nous irons au moins une fois avant notre dépars…) . Et ça y est nous sommes à Kallapet. Emotion des parents pour le projet des sœurs, attention apporté au lieu où vivent leurs enfants pendant ce camp. Nous visitons le lieu, puis nous nous mettons à l’écart et au calme pour discuter. Les garçons sont studieux….Nous, nous goûtons de Jake Fruit que les parents ne connaissent pas. On finit par une chouette danse des garçons, et par une présentation d’auto défense de Marc aux sœurs. Seconde promesse….nous essaierons vraiment de trouver un moment le we afin que tu montres ton art aux garçons, Marc ! Vu l’heure, nous dînons en ville dans un petit resto 100./. Indien. Les parents adhèrent ! Nous finissons la soirée tranquillement sur notre terrasse, que nous apprenons à partager… Demain c’est le départ pour Karaikal ! Le planning a été avancé, parce que c’est quand même moins drôle d’être séparé ! Même si finalement, je trouve que je m’en tire pas mal du tout dans la gestion de notre petit groupe…il faut dire que c’est quand même grâce à ces 2 couples bien agréables, qui, comme nous, ont envie de découvrir l’autre ! Merci de votre enthousiasme ! Bonne nuit, prenez des forces pour demain !

 

Fabien : Nous nous retrouvons donc tous pour un boarding, un cercle de paroles, une discussion franche pour apprendre à se rencontrer, pour tout se dire et qu’enfin ; après le choc de la découverte d’un pays tellement étrange, nous puissions à présent vivre de l’humain. Notre remise en question sert, les pionniers veulent enfin connaître le Fabien Prakash qu’ils n’ont jamais pu voir ou rencontrer à Bruxelles. Je ne crois pas être si différent mais pour eux c’est important.
Après un bon petit déjeuner, nous nous installons dans la salle à manger et nous partageons nos différences. Le climat est apaisé, un autre voyage commence. Mon expérience me dicte qu’il faut qu’ils reprennent confiance, l’Inde est déjà tellement difficile à accepter et à vivre au quotidien qu’il me faut leur donner constamment les clés de lecture, et des objectifs donnés par l’ASBL, et des souhaits réitérés par le staff, … une discussion qui remet les choses en place. Ils me comprennent, et c’est bien ainsi.
Au menu du jour : Découverte en groupe entier des 2 projets de l’ASBL à Karaikal : je sens une petite tension pour les découvrir. Un d’entre eux fait peur : c’est l’accueil des enfants handicapés, certains ont une juste et compréhensible appréhension. Nous chargeons le van des caisses de jouets et nous voilà partis pour une riche expérience ; sauf que… les Sœurs nous ont préparés une surprise de taille. Plutôt que de nous déposer devant les maisons des projets, elles nous dirigent vers l’Hospice : Une grosse surprise ! Les PI sont accueillis à l’indienne, une marque de bienvenue sur le front, une rose à la main, ils fendent les pensionnaires âgés de l’hospice en de timides « Vanakam ». Impressionnés, les personnes âgées leur ont préparé un spectacle de danse. Sœur Georgina me présente, mon histoire, un peu de ma vie ; Chik se lève et présente sa troupe ; je prends la parole enfin pour les remercier. L’accueil ici est extraordinaire et aussi touchant qu’improvisé. Les Scouts chantent et participent activement à notre rencontre. Moi, je regarde de loin, je souris ; ils sont heureux. Je sais à présent que nous sommes partis pour toutes les rencontres des possibles.
Nous visitons tour à tour les 2 projets de Karaikal et finalement à tous les endroits, l’accueil est le même : Une danse, un chant, les habits traditionnels – autant au Community College qu’au Nava Jeevan. Les PI distribuent les jouets de l’ASBL, les enfants handicapés ont réalisé un spectacle de danse, les Sœurs nous accueillent pour le lunch ( un buffet excellent). Nous repartons des ces trois rencontres avec le cœur un peu pincé, étonné, émoustillé.
Dans l’après-midi, nous partons pour Velankani, un sanctuaire chrétien. Les Pionniers découvrent le site, étonnés,… je pars avec Noé et Nico de notre côté. Une franche rigolade quand Noé nous partage son vécu. Nous les rattrapons plus d’une heure après pour partager un repas convivial dans un hôtel climatisé. Le retour est en fanfare, Nico s’essaie au chant, les Pionniers se renvoient les chants d’avant en arrière, du coup, le trajet passe très vite.
Une excellente journée qui en augure d’autres,…

 

 

Mercredi 9 juillet.

Fabien : Ce matin, je leur propose de visiter les projets en petits groupes. Il me faut de quoi alimenter aussi le site de l’ASBL. Aussi ; je leur propose un reportage vidéo-photos. Divisés en trois groupes, ils parcourent les 500m entre l’Hospice, le Nava Jeevan et le Community College – Histoire de prendre le temps de découvrir la réalité, de partager avec les enfants et les sœurs de Cluny, de poser des questions, de se remettre en question. Capi fait des photos de tous les projets, l’appareil passe de mains en mains, chacun ajoute sa vision, son humanité : une riche expérience pour eux, je crois, qui, tous cas, qui ne laisse personne d’indifférent.

Cette après-midi, je réussi un autre grand pari. Charlotte et les parents sont arrivés ce midi et nous décidons de partir tous ensemble pour une promenade en … vélo… Folie, me diriez-vous ? Un peu mais la confiance dans les consignes fait qu’aucun des PI n’est resté en chemin. Merione et Delphine ont un peu peur mais Martin et Quentin veillent au grain. Chik ferme la marche et nous voilà partis comme des fous sur les routes indiennes. Passée la ville et sa circulation dantesque, nous voilà dans des petits chemins de campagne. Charlotte et les enfants accompagné de Nico en moto nous ont rejoints et nous encadre. Je les emmène sur notre plage idyllique et de suite ils sautent à l’eau. Moment de panique, je leur rappelle la dangerosité des Côtes du Coromandel ; ils ne peuvent que se mettre sur le bord de l’eau et profiter des vagues. Le bémol ? Quentin, en toute générosité, qui s’en va en fin de baignade, laver le maillot de ma petite fille Eléonore, et qui se fait piquer par une méduse : Réaction immédiate : retour à l’hôpital des Sœurs, Nico s’en charge, et la troupe se remet en route… sauf que… Fort Boyard est sur notre chemin : Les PI ont mélangé toutes les clés des cadenas des vélos,… panique ? Même pas, juste une franche rigolade.

Dans la nuit tombante, nous revenons sur Karaikal,, ils prennent plaisir à rouler à vélo en Inde mais cela reste dangereux si on s’écarte de la route. Après une halte dans un petit café au bord de mer, nous déposons les vélos et nous repartons chez les Sœurs en autoricks,… seuls Galago, exceptionnel pour avoir ramené le vélo de Quentin, Chik et moi avons du mal à en trouver un (autorick)… en cause ? Une panne totale d’électricité.

Finalement arrivés bien en retard, nous profitons de la soirée,… enfin eux profiterons de la soirée pour regarder sur leur terrasse un certain Brésil-Allemagne en direct : verdict ? De petits yeux au lendemain, aussi petits que les Brésiliens après pareille défaite.

 

 Charlotte :Je me suis installée sur « notre » terrasse pour vous raconter ces derniers jours passés en Inde. Je vous ai laissés mercredi soir, après un bon repas dans un resto indien et une douce soirée sur la terrasse.

 

Ce mercredi matin donc, nous partons pour Karaikal. Le taxi passe nous chercher à 9h, après le petit déjeuner… on est quand même en vacances ! Et c’est parti avec les 2 couples, ainsi que Léo et Maya ; nous prenons la route ! Patricia et Jocelyne se sont mises devant….quelques peurs en perspectives, même si notre chauffeur est un as du volant. Beaucoup de photos sont prises sur les routes de campagnes, tout le monde est enthousiaste. Petit café au lait dans un « boui-boui » nickel, et après 3 h de route nous arrivons. Fab est absent, il visite les projets avec les PI. Nous, nous nous installons. Les parents rejoignent Nicolas dans l’aile des invités du nouvel hôpital. Première visite pour moi de ce bâtiment : les chambres sont simples mais très bien, splendide vue sur les champs pour Patricia et Thierry. Les Pi sont à l’opposé sur le site, et nous logeons à 5 comme d’habitude au cœur même de la Communauté.  En rentrant du Community College et du Nava Jeevan – la maison d’accueil des enfants handicapés- les PI croisent les parents, plutôt dans la bonne humeur. Nous rassurons tout le monde, c’est la seul fois du voyage qu’ils dormiront  à un même endroit. Juste l’occasion de se retrouver à 5 tout une nuit au cours de cette semaine bien chargée. Une seule mise en garde : Attention aux moustiques le soir venu, nous sommes en pleine campagne !  

L’après-midi, nous laissons les parents découvrir le centre de Karaikal par eux même, avec un rendez-vous donné dans un petit café face à la mer (Le café sympa de Karaikal, pour tout vous dire !) On leur fait vraiment vivre NOTRE Inde. Pour notre part, en scooter avec Nicolas et les loulous, nous accompagnons les PI dans une chouette ballade à …..Vélo……et oui, ils l’auront fait, dans la campagne Indienne ! Les maillots sont dans les sacs à dos. L’objectif de l’après-midi est d’atteindre notre plage ! Non, non, pas celle de tous les Indiens, celle où on est seul au monde !!! Fab, courageux les encadre pendant toute la balade ; un peu de sport ne lui fera pas de tort ; Nico et moi embarquons les enfants sur les scooters.  Quelle belle après-midi ! Le débriefing entre Fab, Nicolas, les chefs puis les PI semble avoir porté ces fruits. 

Après une première  semaine difficile pour nous, parfois dans la frustration de ne pas être suffisamment entendu par les chefs et les PI dans ce que nous voulions leur apporter, l’humeur est au beau fixe. Tout le monde se détend, même mon petit mari. Une semaine pour s’apprivoiser ?  Après le repas chez les sœurs,  nous passons ensemble la soirée sous la voûte céleste d’une autre terrasse Indienne….Il est dit que les PI ont pour ambition de capter le foot d’une autre terrasse aux environs de 1 h du matin… Ils nous raconterons bien le match !

 

Jeudi 10 juillet

Fabien : Il est déjà temps de remballer ses petites affaires. Charlotte, Noé et Nico, accompagnées de Sœur Lourdes-Mary et de Sœur Myriam embarquent les PI pour un voyage se commémoration : découvrir les restes des villages touchés par le tsunami. Effrayant me dira-t-on, angoissant, ne laisse pas indifférent…

Avec Eléonore, Maya, je partage nos deux projets avec les parents. Nous ne sommes pas indivisibles mais le système tient la route. Les parents restent ébahis devant la pauvreté de l’accueil de la maison des enfants handicapés, assistent avec attention à une démonstration de soins infirmiers, découvrent la préparation annuelle des brevets professionnels. Je crois qu’ils doivent cogiter à présent.; ça y est, ils ont vu les 4 projets. C’est important de voir que d’autres que nous prennent conscience de l’Agir Humanitaire que nous leur proposons. Qu’en restera-t-‘il après ? L’avenir nous le dira.

Nous repartons pour Pondy pour un trajet de 3h, plus d’arrêt à Chidambaram mais bien un rendez-vous à « La Maison Rose » pour un repas tous ensemble, convivial et fraternel autour d’un…. Hamburger avec frites,… pour moi, mon plus mauvais repas. Les PI repartent avec le van, des souvenirs pleins la tête.

 

Charlotte : J’accompagne les PI et les sœurs sur les traces du tsunami. Je suis là à la demande des sœurs. Dans la communauté des sœurs de Cluny, nous accompagnons parents et pionniers. Sœur Lourdes Mary (La sœur des premiers jours de Fab à l’orphelinat), et Sœur Myriam, nous accompagnent. Premier arrêt dans un village déserté. Après le tsunami, l’état indien a reconstruit des villages entiers à 3 km à l’intérieur des terres. Seuls les plus pauvres sont revenus dans ce village. Les PI visitent….étonnant de voir ces restes de maisons détruites…

Deuxième arrêt dans un village recréé par l’état. Toutes les maisons sont semblables ! La vie depuis ma dernière visite a repris le dessus. Beaucoup d’enfants sont morts durant le tsunami, les hommes aussi. Ils étaient en mer au moment de la vague. Des coopératives ont dues être crées pour aider tout le monde. Les Sœurs de Cluny se rendent dans les villages 2 fois par semaine pour y distribuer des médicaments. Des écoles y ont été créées, les femmes apprennent la couture. Il faut un salaire pour survivre dans l’Inde d’aujourd’hui !

Fabien passe la matinée avec les 2 couples pour leur présenter les 2 projets que nous soutenons. Premier moment de Fab avec eux…..

Après le repas,  les PI reprennent la route de Pondy en bus, Fab les accompagne ; moi, je reste une nuit de plus avec les parents, ainsi qu’avec Maya, Noé et Eléonore. A 16h, nous prenons la route de Velankanni, haut-lieu de pèlérinage du sud de l’Inde….un peu comme à Lourdes : la vierge y a fait une apparition. A notre arrivée, nous nous faufilons dans une procession. Nous serons « coincés » durant près d’une heure, à prier en Tamoul avec près d’un millier d’Indiens. Moment étrange, moment magique, moment drôle de voir la tête blonde de Jocelyne dépassant tout ce monde aux cheveux noirs ! Nous nous promenons de lieux de prière en lieux de prière à la nuit tombante. Nous faisons le chemin jusqu’à la plage. Mélange de folklore et de religion ! Nous devions leur montrer ça ! C’est inimaginable.

Pour le repas du soir, nous allons dîner dans un petit restaurant très prisé des sœurs. Ce sera Byzance ! Mais mon estomac n’a pas apprécié, plusieurs jours que je ne me sens pas au top, c’est malheureusement une première ! Triste de devoir se contraindre à manger light. Demain, une nouvelle semaine commence,…

 

 

 

 

 

« Entre repos et balades sur les routes indiennes (du 11 au 16 juillet 2014)

 Vendredi 11 juillet,

Charlotte : J’avais parlé avec les parents de la visite émouvante avec les Pi, des villages touchés par le tsunami. Ce matin, ils ont le choix. Je leur fait découvrir « notre plage », en scooter par les petits chemins de campagne et à travers les rizières, ou nous partons visiter un village reconstruit par l’état Indien. Ce sera visite du village. C’est un peu loin, j’avoue être incapable d’y arriver seule. Je demande l’aide des sœurs qui proposent de passer nous prendre vers 10h avec leur van. A 10h, le van arrive. Sœur Georgina s’y trouve, ainsi que sœur Mary et une des 2 sœurs des enfants handicapés ! Grand moment d’émotion ! Elles savent que je repars cet après-midi, sans avoir eu le temps de venir les embrasser, alors elles viennent à nous pour toute une matinée. Qui sont ces sœurs ? Sœur Georgina connait très bien son Prakash ; elle a logé chez les parents de Fabien, en Belgique, quand il était petit.
En février 2013, quand nous l’avions revue, elle nous avait chouchoutés et avait réalisé de bons petits plats uniquement pour nous ! Sœur Mary, c’est une sœur qui s’est occupée de l’orphelinat durant de longues années, un puits de douceur et d’amour. Elle a été une vraie mère pour eux ! Je ne l’ai plus retrouvée à la pouponnière cette année, elle m’explique qu’elle a dû changer pour raisons de santé. Quelle perte pour ces enfants ! Quelle déchirure pour elle ! Et la sœur qui prend soin des enfants handicapés….oui, oui promis, nous repasserons à 5 plus tranquillement début août !
La visite commence. Les parents se promènent, se laissent toucher. Thierry nous fait une démonstration à la machine à coudre. Les sœurs sont surprises des compétences des hommes « belges ». Et oui, nos hommes « belges », font même la vaisselle après les repas ! N’est-ce pas Marc et Thierry ? Dans le village, Maya doit absolument aller aux toilettes. De jeunes tamouls nous ouvrent leur porte. L’occasion de visiter une de ces toutes petites maison (petite cuisine/tout petit salon/ une chambre/ une terrasse et une petite cour). Comment font-ils pour dormir le soir ? Maya et moi, nous nous faisons fleurir les cheveux. Elles nous rendent service et nous offrent des présents ! La douceur des femmes indiennes ! Merci à vous ! Nous reprenons le car pour nous rendre sur le bord de mer, avec les pêcheurs. Ils sont fiers de nous montrer leur travail et se font photographier. Séance photos entre nous, mais aussi du paysage… et du troupeau de vaches qui se repose sur le sable. Les sœurs sont ravies de marcher en bord de mer, elles en ont peu l’occasion.
L’après-midi nous prenons la route pour Pondy. Fabien et Nicolas nous rejoignent vers 20h sur la terrasse. Ce soir nous dinons tous chez les sœurs. Cet après-midi, pour eux c’était shopping, puis ils sont partis en repérage pour l’activité PI de dimanche. Hier, le trajet en bus a été assez dur pour les PI pour revenir de Karaikal. Chaud et long ! Arrivés à Pondichéry, ils ont fini la soirée à la maison rose (resto tenu par des français)…avec des petits plats bien de chez nous…besoin de se poser un moment dans leur voyage avant de rejoindre leur camp de base, et les enfants des rues.

 

Fabien : Retour sur la plaine de camp. Après le tour de Paroles d’hier soir, je profite d’une journée de repos complète avec Nico pour nous retrouver et près de 15 jours après notre arrivée en Inde, nous sommes sur notre terrasse ; avant que le téléphone ne sonne. En route, il nous faut préparer les prochains jours avec les Sœurs, booker les vans, préparer le mini-trip… bref une matinée loin du repos intégral escompté.

Mais cette après-midi, j’emmène Nico à l’aventure : découvrir les secrets cachés de Pondy, loin du cœur européen, loin des yeux des touristes, je lui fais découvrir un hôtel 5 étoiles sur la route de Cuddalore. Son nom ? « Le Pondy » ! Dans un écrin de verdures et de palmeraies, loin de tout, dans une cambrousse indienne et après avoir parcouru des chemins de traverse, nous débouchons au bout de la route sur un … palace. Nico n’en revient pas. Je lui fais plaisir, il le mérite. Un petit verre et un plongeon dans la piscine,… Nico revit ! L’Inde n’est pas que du bruit, des Indiens et une circulation délirante. Nous faisons une partie de « Grand Tourismo » à nouveau pour rentrer à Pondy accueillir les enfants, Cha et les parents pour un repas tous ensemble au Shanti Restaurant. C’est pas beau la vie ?

Pendant ce temps-là, les PI organisent leur deuxième veillée et animation au Shneela Illam. Ils en ressortent contents. Je vous le disais : « Demain ; c’est encore un autre jour en Inde ».

 

Samedi 12 juillet,

 

Fabien : Deuxième journée de repos ? Tout le laisse à porter croire, sauf que les imprévus sont nombreux et les pièges multiples : Ainsi, partir échanger de l’argent est bien moins facile qu’on le croit, surtout dans une ville aux rues perpendiculaires, tracées sur un plan alexandrin,… n’est-ce pas Thierry ? Seule solution, retourner à la mer…

Shopping pour tout le monde, pour une fois depuis longtemps les enfants profitent de leurs parents : jeux dans le parc, petit verre sur la digue, retour au calme et sieste bien méritée. Cet après-midi, retour sur le camp pour assister aux jeux PI, à nouveau terminés avant notre arrivée – la chaleur est accablante mais d’autres jeux s’organisent aux quatre coins de la plaine ainsi que des siestes improvisées. Nous prenons notre temps pour faire le tour de chacune et chacun avant la grande journée de demain.

 

Charlotte: Ce matin c’est congé ! Je pars enfin en ville habiller un peu nos enfants. On voyage léger à l’allée, vestimentairement parlant (nous avions les caisses de matériel que les parents ont amené à Karaikal !). Casablanca, le magasin d’Auroville dans la Mission Street. Je trouve de quoi gâter chacun de nos loulous. Une autre tenue plus traditionnelle est trouvée pour Eléonore. Difficile d’habiller Noé ; je refuse d’acheter des t-shirts car nous en trouvons en Belgique, je dois donc me rendre dans des magasins plus spécialisés : « mode indienne revue pour les européens ». Il y a aussi Fabindia mais leur nouveau stock ne rentre que le 21 juillet ! Nous attendrons ! Les parents ouvrent grands les yeux, de leur côté, chez Poothys. C’est un nouveau ‘temple’ du tissu et de vêtements sur 4 étages. Gigantesque ! L’après-midi, nous faisons un debriefing avec les parents sur leur séjour, sur nos projets, sur le mini trip qu’ils s’apprêtent à effectuer dès demain. Ils nous feront un écrit global de leur vécu ici à mettre sur notre blog immédiatement, puis ils nous enverrons un écrit par mois, plus détaillé sur chaque journée passée en Inde. Nos 2 couples repartent à l’aventure dans Pondy pendant que nous partons chez les Pi.
A notre arrivée, ils finissent la sieste. Et oui, même pour la sieste ils se sont mis à l’heure Indienne. Mais il fait tellement chaud ! Débriefing avec les Pi sur la matinée passée avec les enfants des rues. Ils ont fait du foot chinois, vous connaissez ? Nous leur parlons de leur mini trip de lundi, mardi, mercredi et de leur programme du lendemain chez les filles de la Villa Rosalie. Nous avions proposé du bateau, ils ont saisi l’occasion. Petit Tour avec les chefs et la sœur pour revoir le jardin à la demande des chefs. A leur retour, il ne restera que 2 jours pour travailler dans le jardin, il faudra aller à la priorité. Nous reparlons du blog que ne s’est finalement pas fait. Nous les avions cassés dans leur élan à la vue des premiers mots transmis. Où était l’ASBL dans leur voyage ? Nous voulions un blog pour les parents, mais que nous aurions pu mettre en ligne sur notre blog également pour avoir une autre vision de nos projets. C’est-à-dire le comment ils sont arrivés là (l’ASBL) , les projets des sœurs de Cluny, les enfants rencontrés… Maintenant qu’ils connaissent les 4 projets, nous leur demandons une lettre expliquant leurs ressentis. Ils sont d’accord. Petit débriefing également avec la sœur. Ça roule. Les garçons sont ravis de cette expérience. Les nuits un peu bruyantes du début sont devenus plus calmes…tout le monde semble y prendre du plaisir. Les chefs en sont rassurés. Nous devions retrouver Nicolas à la plage, mais les Pi sont en manque de Coca, chips, biscuits. La chaleur affame ! Nous troquons nos 3 loulous contre 2 Pi, et nous les emmenons au village faire le plein de sucrerie. Ils en avaient bien besoin. Ce soir, c’est diner entre adulte chez Madame Shanti, dans la rue de l’hôpital. Ils nous connaissent bien et c’est très bien ! Une très bonne soirée à 10.

 

Dimanche 13 juillet.

Charlotte : Et bien ce matin, c’est panne d’oreiller ! Mon téléphone étant à plat, il n’a pas sonné le réveil de la chambrée. Vous saviez qu’avec la chaleur ou l’humidité, l’électronique se décharge beaucoup plus vite ? Les pionniers se sont donc levés une nouvelle fois à 6h pour être à la messe de 7h30 de Notre Dame des Anges. Ils sont tous là en uniforme impeccable. Les parents aussi sont au rendez-vous. Fabien, ce matin est donc seul pour gérer ce petit monde, il m’a laissée dormir. Je suis enfin réveillée à 9h, par le bruit des parents qui s’apprêtent à prendre leur taxi qui les emmènera un peu plus au sud. Ouf, je peux quand même leur dire au revoir, même si c’est un peu ensommeillée Hâte d’avoir leurs premières impressions sur leur mini- trip. Les villes beaucoup plus bruyantes qu’à Pondy, des hôtels à confirmer, des temples à visiter… Vivement ce soir leur premier SMS. Je pense qu’il était important qu’ils vivent cette partie de leur aventure indienne « seuls » ! Avec tous les aléas, et tous les moments de bonheurs qu’ils vont rencontrer. Mais je parle, je parle, et nous devons retrouver les Pionniers et les fillettes de la Villa Rosalie (ils ont petit déjeuner ensemble), à 10h ! Il est grand temps de réveiller les enfants ! A 10h et une route assez longue en scooter, nous sommes aux « houses boats » avec Nicolas. Cette journée en bateau est une première pour tout le monde. Ce sera aussi la dernière des Pi avec les filles de la Villa. Aujourd’hui, c’est l’asbl qui offre cette activité payante aux filles, et en grosse partie aux pionniers. C’est partie pour la traversée d’un bras de « mer ? », en bateau, avec au gouvernail un gars à l’air bien « louche/ayant vécu/décidé ? »….je crois que nous l’avons tous en photo ! Les filles ouvrent  grands les yeux. La sœur qui les accompagne également ! A l’allée, ce sera plutôt, filles d’un côté et pionniers de l’autre. Nous débarquons sur un banc de sable avec de nombreuses familles indiennes. Les groupes se font. Baignade, jeux, papote….nous nous éclipsons pour les laisser entre eux. Nous remarquons de loin de réels confidences entre les Pi et ces enfants du bout du monde. Ils viennent d’univers tellement différents mais ils partagent ensemble ! J’ai plein de petits moments en tête depuis 15 jours, où je vois un Pi en pleine discussion ou en plein jeu d’échec ou en plein apprentissage du maniement des outils avec un enfant dont s’occupent les sœurs de Cluny…. Quelque chose se passe ! Et c’est émouvant de penser que nous l’avons initié. Une autre de mes pensées, et même certitude, c’est que ces enfants sans famille, ou à la famille défaillante, ne ressentent pas la jalousie. Ils n’ont souvent plus ni père, ni mère, mais ne ressentent pas de jalousie quand ils me voient m’occuper de nos enfants. Ils sont là à profiter du moment ! Ils jouent même avec Maya, Noé et Eléonore. Tout comme les ados des projets sont curieux des Pi, mais n’ont pas de rancunes contre eux ! Comment de si jeunes enfants peuvent être si forts ? Les voir est à chaque fois une leçon de vie…ils restent debout ! Toujours ! Nous lunchons tous ensemble de riz dans la petite cabane de la plage (C’était le plat le plus « Secure »)…Oui oui parents, nous faisons attention à vos enfants ! Puis nous reprenons le chemin du retour. Il est 15h, nous pensons nous éclipser, mais la sœur insiste pour que nous rejoignions la Villa à 16h30. Et ce que Sœur veut…. Petit gouter dans le luxueux hôtel « Le Pondy ». Il y a un super jardin avec une aire de jeux, et une piscine que nous pouvons utiliser contre paiement (mais nous n’avons pas nos maillots, dommage !…et puis ça aurait fait cher les 3 mn de baignade….). A 16h30, nous voilà donc à la villa Rosalie. Les Pionniers ont dévalisés Spotys en attendant que les filles se préparent. Nous arrivons : un grand gâteau à été prévu, avec des chips indien, des fruits, de thé ! Quel bonheur ! Les filles ont ensuite organisé tout un spectacle de danses traditionnelles…avec tenues, bijoux et maquillage. A chaque entracte, un jeu pour faire attendre tout le monde en attendant le changement de costumes ! Les danses sont magnifiques, les filles splendides, les sœurs très fières, les Pi très attentifs et très surpris de les voir ainsi transformées. Finies les jeunes filles timides, elles se donnent à fond ! L’une des grandes du groupe remercie tout le monde en Anglais pour tout ce qu’elles ont vécues en 2 WE. Elle nous remercie aussi personnellement, Fabien et Moi, ainsi que l’ASBL « les enfants de PONDY », pour le soutien financier apporté, et de l’attention porté à leur maison. Ce ne sont que des mots, mais nous l’avons vécu avec beaucoup d’émotions…et je sais que Fabien se disait que son merci à elle, cette toute jeune fille tellement touché par la vie, valait presque tout l’or du monde ! Tout ce que nous faisons, c’est pour elle ! L’une des sœurs m’avait raconté que la nuit, elles se détendaient en tricotant, peignant, faisant des tableaux, des bijoux ou des vêtements aux filles. Pour nous remercier, elles nous ont offert un magnifique tableau. Et comme elles sont aux courants pour l’artisanat, elles voudraient nous aider en nous offrant quelques tricots qu’elles ont fait ainsi que des cartes de fleurs séchées. Nous passerons les prendre mes Sœurs, et vous dire encore merci pour ce que vous faites, pour ce que vous êtes ! Nous laissons les Pi pour un dernier repas, et nous allons manger chez Pierre, au Satsanga, qui nous a invités. Les enfants étant épuisés, je laisse Nicolas et Fab avec Pierre et je m’éclipse border nos 3 trésors.
Et les parents me diraient vous. Bien arrivés à Madurai, ouf ! Et hôtel trouvé au deuxième essai (il vaut mieux toujours visiter avant de prendre). Pas mal pour une première ! Bonne nuit à tout le monde et bon repas sur votre terrasse !

 

Fabien :  Aujourd’hui, escapade en bateaux et en bords de mer avec tout le poste et les jeunes filles de la Villa Rosalie. Après un levée aux aurores pour assister à la messe francophone à la cathédrale, un bon petit déjeuner chez les sœurs de l’hôpital, direction les Houseboats à la sortie de Pondichéry.

Cette journée est offerte par l’ASBL pour tout le monde ! J’espère qu’elle plaira à tous ! Au menu : promenade en bateaux, carnavalesque s’il en est, tout le monde, les yeux grands ouverts, nous mettons nos gilets de sauvetage et entamons la traversée. On rit du chauffeur à la mine taciturne, on comprend mieux l’inutilité des gilets en apercevant dans l’estuaire, des pêcheurs de crevettes marcher dans le lit ; quand on aperçoit au loin notre débarcadère.

La plage est une sorte de longue baie qui, à marée basse, ferme l’estuaire d’une fine bande de plages délimitée par des drapeaux et des maîtres-nageurs, genre de pompiers – CRS qui n’inspirent pas la confiance de ceux d’Alerte à Malibu en cas de danger. Quelques PI s’occupent des filles en leur proposant des jeux, d’autres partent en promenade.

À l’heure la plus chaude, je les appelle tous pour se mettre à l’abri, tout le monde prend place pour un Vegetable Fried Rice ou Vegetable noddles servi dans une assiette en carton. L’ambiance est au beau fixe mais les filles fatiguent sous un soleil de plomb, Sœur Elsi nous demande d’abréger l’excursion pour qu’elles puissent rentrer à l’ombre et dans la fraîcheur de leur maison ; ce que tout le monde comprend. Le temps d’une photo de groupe pour la postérité et nous prenons le chemin du retour. Soeur Elsi insiste pour nous accueillir à l’heure du thé deux heures plus tard et assister au spectacle préparé par les jeunes filles ; elles ont tant à partager à leur tour.

Nous laissons les PI et les filles partir pour Pondy et nous nous dirigeons vers « Le Pondy », les enfants râlent de n’avoir pris leur maillot mais le cadre idyllique et la plaine de jeux les occupe pendant que nous sirotons un petit apéro bien mérité.

Arrivés à la Villa Rosalie, nous assistons à un exceptionnel spectacle de danses indiennes, les filles sont magnifiques dans leur habits de fête, je râle intérieurement de n’avoir plus belle caméra mais vraiment que d’amour dans leurs yeux, elles nous partagent l’essentiel : un bout de vie et de sens, un bout de chemin en commun, un merci communicatif, des jeux enfantins auxquels se prêtent bien volontiers les PI. À la fin, je suis surpris de recevoir un cadeau, un magnifique cadre, certes un peu Kitch, par l’ensemble de la Villa Rosalie au point que je ne sais que faire et que dire, juste un merci et deux gros bisous à la plus jeune d’entre elles. Moment d’une rare intensité, cela fait maintenant 3x que je les vois danser, jouer ; trois fois que je participe à leur vie, je sais que ce projet en vaut plus que la peine.

Nous les quittons tous en début de soirée, les PI restent encore avec elles pour manger le souper. Demain, un autre challenge nous attend, nous partons en mini-trip dans le cœur de l’hindouisme, dans le centre du Tamil Nadu.

 

 

Lundi 14 juillet.

Charlotte : Mon Noé devient grand. Il a décidé de partir à l’aube avec son père et Nicolas, vivre l’aventure des pionniers. Mais bon, Fab est un père extra, donc… Je vous l’ai peut-être déjà dit mais nous avons décidé que nous resterions à Pondy avec les enfants. Léo est fatiguée. Nous faisons attention mais elle a besoin de temps libre et calme. Idem pour ma grande Maya. Nous prenons notre premier petit dej. entre filles, puis je propose de nous poser 1h dans la chambre le temps d’écrire un peu. A peine Maya allongée, elle s’endort ! Comme quoi ! Eléonore profite quant à elle de son temps libre pour faire une belle maison pour ses Play mobiles. Elles sont relaxes ! Petit tour pour échanger de l’argent, petit apéro (sans alcool !) à la villa rose, nous sommes zen pour aller manger avec les sœurs. Après la sieste de Léo, et du coucou de Daniel, nous partons à la plage des surfeurs pour une baignade. Un drôle de mec nous observe. Nous alternerons dans l’eau tout en gardant une très petite distance entre nous ! Moment de causette avec une expat, sa fille s’appelle « «Solaria », joli prénom dans cet après midi magnifique…il fait très « Auroville » je trouve. Ce soir, j’allais oublier, nous nous sommes rendues aux feux d’artifice du 14 juillet. Ici par trop de vent ou de pluie comme à Wimereux, juste beaucoup d’Indiens et de Français vivant ensemble ce bon moment. Les filles (les miennes !) sont ravies. Il y a vraiment sur la digue une atmosphère unique.
Et les parents ? Arrivés sans problème à Trichy. Ils sont mêmes par hasard dans le même hôtel que Fab, Nicolas et Noé (Le Femina Hôtel).. Les Pi, eux dorment dans un Guest House pas très loin. Il est important également de les laisser entre eux, c’était le deal. Le voyage à la dur s’est bien passé bien qu’un peu fatiguant. Il faut que Noé mange pour suivre le rythme des pionniers ! Attention mon fils !

 

Fabien : Nouveau départ aux aurores, le 8ième  pour moi depuis le début du voyage, la fatigue se fait sentir au réveil, Noé m’accompagnera pour ces trois jours comme il l’avait si bien fait la semaine dernière. En réalité, mon petit mec adore vivre de l’aventure avec son Papa chéri. Et puis, il y a Nico qui l’entraîne dans ses folies, et quelques PI qui adorent jouer avec lui. Nous débarquons au bus stand à 06h30, et de suite, sans réfléchir beaucoup, nous voilà partis pour Villupuram, un bled perdu à 80km de Pondy qui nous servira de première halte et surtout de prendre un bon petit déjeuner. Villupuram est comment dire, … l’Inde profonde, une ville où il n’y a rien, juste une ville de passage avec tous les inconvénients indiens : des mendiants que nous avions oubliés de mentionner avant – tant ils se font discrets à Pondy – une odeur d’urine tenace mêlée de restes de repas, de déchets, une montagne de déchets. Je déniche un restoroute qui me semble convenir à l’estomac des PI, Chik et moi allons tout de même acheter des pots de Nutella et quelques pains pour que tous puissent déjeuner à leur fin. Course ensuite pour prendre l’express pour Tituchirapali – ou Trichi.

Trichi, c’est une des 4 capitales de l’Inde du Sud (avec Tanjavoore, Maduraï et Chidambaram). Exceptionnel mais les PI en auront vues 3 sur 4 pendant leur séjour. Avant même de commencer les visites, nous partons à 4 à la recherche d’un hôtel capable d’accueillir les PI : Chik, Galago, Nico et moi en visiterons 4 avant de tomber sur la bonne adresse : un petit hôtel loin de l’agitation du busstand. Les chambres sont sobres mais bien entretenues. Nico, Noé et moi les laissons s’installer et se reposer avant de prendre le bus pour traverser la ville et découvrir une des merveilles de l’Inde du sud, inscrite au patrimoine mondiale de l’UNESCO. Trichi est une ville temple, il nous faut passer 7 gopuram (tour monumentale) pour accéder au saint des saints. Une fois passé les 6 premières, nous profitons de la gentillesse d’un gardien pour accéder au rooftop et découvrir ainsi la succession des gopuram par le haut : le spectacle est dantesque et les PI en profitent pour réaliser quelques photos délirantes.

La nuit est tombée sur Trichi, il est temps de les laisser respirer et se reposer. Noé et Nico veulent eux aussi rentrer prendre une bonne douche, les parents sont dans le même hôtel que nous, il est tout de même 21h15, nous les loupons de peu. La nuit nous ouvre ses bras et Morphée nous attend impatiemment.

 

Mardi 15 juillet.

Charlotte: Pour nous 3, ce sera journée piscine au Mango Hôtel… Merci Daniel pour cette super journée et ce très bon lunch ! Maya a beaucoup joué avec de petits belges dont la maman a été adoptée (mais avec « enfant de l’espoir »). Peut-être les reverrons-nous demain à la plage Maya…J’ai leur téléphone ! Ce soir au repas avec la communauté, Eléonore tombe de sommeil. Ce sera tartines au Nutella et banane ! Parfois jouer la maman indigne est tellement plus facile ! Bonnes nuits mes princesses ! Bonne nuit mes petits hommes au loin, attention à vous ! Ne vous inquiétez pas pour les parents en vadrouille. Ils ont vu ce soir un superbe temple à Tanjavore et ont trouvé un chouette hôtel (l’hôtel Gnanam). Mais chut !

 

Fabien : Un déjeuner somptueux nous attend en bas du Femina hôtel, nous avons rendez-vous à 10h avec les PI pour visiter le Rock Fort Temple et à nouveau traverser la ville de part en part, à l’opposé du temple. Le Rock Fort Temple est comme son nom l’indique un piton rocheux de 85m qui domine la ville et la plaine alluviale du Gauvery – premier fleuve du Tamil Nadu. À l’origine qui remonte à 600 acn, les traces archéologiques présentent une présence humaine des Dravidiens, petit à petit, le Rock devient une tour naturelle de guet avant de devenir un Fort de défense de la ville au 16ième siècle, consolidé ensuite par les Anglais, pour de devenir à l’indépendance, un lieu de culte hindouiste.

Nous entreprenons lentement la longue ascension de 1200 marches (A/R) pour s’émerveiller du panorama incroyable qui s’offre à nous.  Les photos vous le montreront encore mieux que je ne puisse le décrire.

Deux heures de break pour manger, retrouver les bagages abandonnés à la gare de bus et l’hôtel et nous revoilà sur la route pour… Tanjore by… train. Après les autoricks, les bus, les vans, les vélos, … le célèbre train indien sans portière ni fenêtre, une expérience unique à vivre,… de riches discussions et rencontres agrémentent le voyage, long tout de même de 3h.

C’est dans la nuit indienne tombante que nous arrivons dans la troisième capitale médiévale indienne, celle du royaume des Cholas. Très vite à la sortie de la gare, nous trouvons l’hôtel où les PI pourront se reposer : un dortoir pour 12 et deux chambres sur le même étage, et nous revoilà partis en marche forcée pour découvrir le temple atypique de Tanjore by night.

Les lumières éclairant le temple nous montre la complexité de son édifice.  Une tour monumentale et pour accéder au temple, une deuxième beaucoup plus petite en trompe-l’œil, la taureau Nandy – un des plus grand de l’Inde du Sud qui veille – sur la gopuram : un immense édifice construit dans du granit rose s’offre à nos yeux, un tour qui rappelle les constructions mayas, une pyramide sur un vaisseau – telle est l’image édifiante de ce site. La tour, creuse en son milieu renferme le temple, tout au long du mur d’enceintes, des peintures illustrent la construction du temple. Dans la nuit, il est encore plus imposant. Nous aurons l’occasion de le visiter de jour demain.

Nous profitons de notre soirée à l’hôtel pour initier Noé à une partie de billards, il se passionne mais Nico est trop fort, vraiment trop fort à ce point même qu’avec toutes ses fausses queues, ses balles blanches dans le trou, ses punitions à deux coups ; c’est le moins mauvais qui l’emporte sous l’œil amusé des serveurs qui nous auraient donné une vraie leçon. Allez ! Bonne nuit !

 

Mercredi 16 juillet

Fabien : Nous découvrons le temple au levée du soleil et admirer les différents coloris des pierres avant de retourner dare-dare pour le déjeuner. Savez-vous que pour Noé et Nico, le déjeuner a son importance, du moment qu’il y a un bon café, du chocolat, de la nourriture indienne,… et un bon café.

Nous nous dépêchons pour retrouver les PI au temple mais ils ne viendront jamais, le réveil fut plus tardif, nous les attendrons à 11h pour visiter le Palais de Tanjoore. Déception, ils ne sont pas là non plus. Nous décidons de visiter tout de même le Palais en espérant les y retrouver. Il est magnifique de même que son musée emplie de statuettes en bronze mais nous ne pourrons assister au clou du spectacle, à savoir : Monter dans le palais des vents, il est en rénovation : ce palais est une merveille architecturale car il offrait à ses pensionnaires, une série d’étages – où par des courants d’air organisés ajoutés à  des ouvertures pour que l’eau puisse couler dans les murs et le vent s’engouffrer dans les mêmes portes –  l’air frais amené ainsi, faisait oublier la chaleur des saisons chaudes. Génial ! Trop fort ces Indiens !

A la descente, nous rencontrons enfin les le PI, nous leur fixons de suite rendez-vous pour reprendre la route du retour car nous aussi nous avons un emploi du temps chargé : Noé voudrait profiter de la piscine de l’hôtel avec son Papa chéri pendant que Nico voudrait prendre une séance de massage, un massage de tête. Je connaissais les Grosses têtes, les prises de têtes, la tête à Mathieu,… le mal de tête mais le massage de tête,… bien un truc pour celui qui n’a plus de cheveux,… Hein, Nico ?

Comment vous parler du voyage retour ? J’ai proposé aux PI, lesquels semblaient fatigués des transports indiens, de louer un van express pour les ramener à Pondy le plus vite possible ; van que nous trouvons avec l’aide de l’hôtel. Départ à 15h, il n’arrive qu’à 16h. Aîe, petit retard mais sans trop de conséquences, j’imagine. Sur la route, le driver roule à fond et arrive comme promis pour notre dernière visite à Cumbacunam… qu’il dépasse allègrement sans s’inquiéter. Je l’arrête une dizaine de km après et nous faisons demi-tour. Et enfin, nous découvrons le dernier temple tous ensemble. Une architecture dépassée, un bled sans prétention mais qu’elle splendeur du passé si peu mise en évidence. Nous n’avons qu’une heure pour parcourir ce triple temple qui me semble être une merveille pour celles et ceux qui nous suivent. Il ne restera hélas pas dans les souvenirs, … le manque de temps, la répétition des temples, la fatigue…

Lorsque nous remontons dans le van, le chauffeur, sans doute vexé, roule au ralenti dans la nuit tombante. Nous prenons énormément de retard. Il s’arrête à 35 km de Pondy, il n’a pas la licence pour conduire dans le district. Les PI assistent à un pugilat verbal entre le chauffeur et moi, lequel tente de nous soutirer encore près de 2500 roupies supplémentaires. Grâce au téléphone, et une belle partie de poker verbale, nous remontons une heure après. Il n’y aura pas de resto ce soir au Stastanga. Ereintés, nous arrivons devant l’hôpital où nous attendent Charlotte et Sœur Myriam à 22h30. De suite, les chefs sont partis chercher des … pizzas pour enfin rassasier la fin tenace des PI,… au seul Pizza Hut de Pondy. Noé et Nico remontent très vite dans leur chambre, la journée de folie se termine lentement sur la terrasse. Pari réussi mais le final restera dans les mémoires.

L’Inde quand tu veux jouer avec nous,… tu ne gagnes pas toujours,… ouf ! Dodo !

 

Charlotte : Le jour de MA fête et du retour des PI :

Mercredi, ce fut journée très calme sur notre terrasse. Eléonore, alias Miss grognon, s’est réveillée super fatiguée par sa journée d’hier à la piscine. Vaquer à de petites occupations comme recharger ma carte de téléphone, remettre de l’essence dans le scooter, réparer les sandales de Maya,… fut une torture pour elle. Pause à 11h à l’Alliance Française prendre un soft au café de Flore  (lieu super calme et beau près de la digue !), une partie de Uno, nous ne décollerons plus de là jusqu’au lunch de midi chez les sœurs.

Grosse sieste en début d’après-midi. Eléonore se réveille en pleine forme… et Maya complètement HS ! Elle squatte mon lit et n’en bougera plus ! Que l’après-midi semble longue sur notre terrasse ! Merci Daniel d’être passé me tenir compagnie en cette fin de journée.  Par SMS, je sais que de Tanjavore, Fab/ Nicolas/ les Pi ont loué une camionnette pour rentrer plus facilement sur Pondy. Une escale est prévue en route au temple de Kumbakunam.  Ils sont attendus à 20h à Pondy pour un petit resto français ; chez notre ami Pierre du Satsanga.  Mais c’est sans compter sur leur ‘driver’ qui roule comme un escargot à la nuit tombée, et qui essaie de leurs extorquer plus d’argent. Les aléas du voyage…..

Finalement ils arrivent sains et saufs à 23h ! Moment de stress, c’est l’heure de fermeture des restos ! Finalement ce sera pizza à emporter chez le pizza Hut de Pondy. Ils peuvent repartir le ventre rempli chez les garçons des rues, ouf ! Fabien (et Nicolas) me semble bien réactif. Jouer au chat et à la souris ce matin au moment du rdv dans le Palais des vents de Tanjavure avec les PI, la route du retour, le repas du soir…enfin, tout le monde est rentré à bon port. 3 jours intenses d’organisation pour que tout se passe pour le mieux durant ce minitrip : des trajets secure….des hôtels adaptés, des repas satisfaisants, des visites intéressantes… J’espère que ce court  voyage leur aura plus ! Bravo mon mari, tu l’as fait !

Les parents prennent goûts au voyage et dormiront cette nuit à Kumbakunam.

 

 

 » Déjà les derniers jours,… » (du 17 au 21 juillet 2014)

Jeudi 17 juillet 2014

Charlotte : Le jour de La rencontre avec la sœur Provinciale,
Aujourd’hui au programme : au début d’après-midi, le départ de Nicolas. Nicolas, dont l’aventure a commencé avec l’association, il y a quelques mois, allant même jusqu’à organiser un tournoi de pétanque à Saint Gilles ! (voir événementiels sur le site). C’est une première page de notre voyage que nous tournons avec regret ! Le cœur un peu gros. Tu t’es montré tellement intéressé par nos projets, surtout les enfants handicapés…et allant même jusqu’à faire un nouveau geste pour eux ! Ce matin, Nico court donc toute la matinée pour ses derniers achats, se lance dans un discours improvisé plein d’humour au lunch chez les Sœurs, recourt en ville pour acheter un jeans pour son frère, empaquette ses bagages, oublie ses papiers importants, laisse un sac de vêtements, transpire une dernière fois un bon coup,… puis, nous quitte avec regret, une petite statuette de Ganesh évidement en guise d’amitié partagée et de deux semaines pleines au rythme de Prakash. Moment délicieux ! Bon voyage en Thaïlande et reviens-nous en pleine forme,… du fond du cœur merci Nico !

Il y a aussi le retour des parents, mais il se fera seulement en toute fin d’après -midi. Les PI, eux, sont censés finir les travaux du jardin et préparer leur animation de demain soir. Mais comme les agendas sont fait pour être modifiés- à la plus grande frustration du Staff PI, mais c’est aussi cela le rythme indien ; c’est cette après-midi que la sœur Provinciale recevra notre petite troupe pour le thé et le bilan de l’expérience d’un premier voyage en Inde.

C’est un moment solennel, ils sont quand même reçus par la responsable de toutes les sœurs de Cluny du Sud de l’Inde ! Puis, ils en profiteront pour avoir finalement leur temps libre tant attendu dans Pondy avant d’aller manger dans le fameux Satsanga, annulé la veille comme vous avez dû le comprendre. Nous espérons que demain ils mettront les bouchées doubles pour finir le jardin et feront de leur dernière soirée avec les Enfants des Rues un moment inoubliable ( !) parce que samedi ; ça y est, c’est le grand départ vers Mamalipurram avant le retour en Belgique.

Il reste Auroville à voir… reste à savoir s’ils ont bossé dans le jardin ce matin et donc si nous pouvons caser la visite demain matin… Après la sieste, Maya est toujours un peu patraque malgré un léger mieux (vilain virus gastrique), un aller- retour pour voir les frigos que nous allons offrir avec les parents, aux sœurs pour les remercier de leur accueil. Fin de soirée sur la terrasse avec 2 couples qui en ont apparemment pris plein les yeux durant leur voyage à 4 ! Du bonheur à entendre, de différents points de vue, d’autres regards sur notre Inde…

Fabien : Pas de répit, il faut préparer la fin (déjà !) du voyage. Réunion à 9h pour moi avec Sœur Myriam. Pas encore eu le temps de retrouver la petite famille et je relis mes notes. La Sœur Provinciale part à Trichi ce vendredi, il nous faut trouver un nouvel arrangement en urgence. Elle est disponible cet après-midi seulement. À 11h, je téléphone à Chik pour le nouveau programme. RDV à 15h30 pour la rencontre et la remise du chèque et du solde.  Les parents, eux, ont décidé – ils auraient tort – de continuer à visiter l’Inde du Sud pour une journée supplémentaire. Noé retrouve avec joie ses sœurs,

Charlotte prend des nouvelles de l’excursion et Nico se repose un peu, enfin : En gros, il part à 15h pour la suite de son périple en Thaïlande cette fois. Je ne l’ai jamais vu courir autant. Très concentré, il gère ses courses, ses allers-venues, son envie de partager les derniers instants, improvise un long discours au lunch face à toutes les sœurs, leur verse un nouveau chèque en remerciement de leur accueil, repart frénétiquement acheter un dernier pantalon pour son frère, oublie même ses papiers importants, nous embrasse avec émotion, monte dans son taxi,… et nous, sur le bord de la route, le regarder s’en aller avec un pincement au cœur. Mille Merci Nico, sans toi, la réussite d’un tel voyage, d’une telle organisation n’aurait pu être possible ! Que les vents indiens de la mousson t’emportent au loin et que tu nous reviennes en pleine forme. C’est déjà différent sans toi ! Bon voyage Men ! Respect et amitiés sincères.

À 15h30, toujours avec Noé qui, décidemment, est toujours là, je me rends à la Villa Carlos, siège de la maison Provinciale. Nous sommes accueillis par Sœur Rosita, la Sœur Provinciale qui discute déjà avec les PI en grand uniforme. La rencontre est belle quoique la barrière de la langue soit difficile pour les PI. Nous réalisons une séance photos. Seul bémol, le staff  PI annonce qu’il n’y a plus d’argent suffisant dans la caisse pour offrir aux Sœurs un petit quelque chose du solde. De plus, je m’inquiète tout de même et surtout, à présent pour les quelques jours de camp qu’ils leur restent.

Nous quittons Sœur Rosita en fin d’après-midi, les PI vaquent à leur shopping pour se retrouver ensuite entre eux, en fin de soirée, au Satsanga, chez mon ami Pierre. Le temps d’accueillir les parents revenus, je m’y rends pour le dernier verre et leur retour sur leur camp. La soirée est calme, Maya ne se sentant pas bien, tout le monde se retrouve sur la terrasse : partage des émotions, des souvenirs, des anecdotes de voyage, d’impressions, … L’Inde – dis-ai-je – ne laisse personne indifférent.

 

Vendredi 18 juillet

Fabien : Les Pi assistent à une messe en tamoul à l’hôpital de Saint-Joseph de Cluny, en présence de toute la Communauté à 06h15.   Nous avons tous besoin d’allumettes pour ouvrir les yeux mais Chik et moi proposons une improvisation à la guitare et au synthé qui réveillera tout le monde – je me doutais que cela lui plairait – un petit mot de remerciement au nom de tous et pour la Communauté en deux langues, une invitation au partage ; et nous prenons le déjeuner après la Communauté non sans un instant de grâce et paisible sur la digue à regarder le soleil se lever et (re)commencer à chauffer, comme il sait si bien le faire depuis que nous sommes arrivés ici.

Charlotte et moi profitons que tout le monde soir là pour organiser un tour de table avant les grands départs : Juste l’intention de partager une dernière fois les ressentis après ce long voyage, dense et émotionnel pour la plupart d’entre nous : s’échange les émotions, les merci, les remarques voire mêmes les frustrations ou les non-compréhensions,… le voyage est globalement une réussite au sein du poste. Ils sont toutes et tous globalement contents de notre organisation et de l’encadrement de l’ASBL.

Nous prenons le temps aussi d’organiser les deux derniers jours, l’inquiétude pour nous est le budget resserré des PI : il ne leur reste que 300€ pour terminer nous le savons depuis hier… Autant Cha que moi devons leur avouer qu’ainsi ils ne pourraient assurer 2 jours à Malalapuram, nous leur proposons de rester 1 jour de plus à Pondy, soit 2 nuit, histoire qu’ils puissent terminer en apothéose leur camp en passant le dimanche complet à Mahabalipuram sans nuitée.  Nous leur laissons la journée pour réfléchir à la question. Pendant ces 2 jours restants, possibilités de visiter Auroville, le Centre des Enfants sidéens ou encore la plage. Nous n’avons connu aucun accident durant tout le voyage ni même de PI malades,… bêtes serions-nous de les exposer à la vie coûteuse de Mahabalipuram, tant que les garanties ne sont pas là, je m’inquiète, Cha aussi, les sœurs surtout. Que faire ?

Je me permets de m’enquérir conseils et autorisations auprès de la Chef d’Unité à Bruxelles pour trouver la meilleure solution.  Pas de réponse mais elle arrivera plus tard, en soirée heureusement par l’intermédiaire de Chik : La réserve est débloquée, ils peuvent partir sous leurs responsabilités et celle de la Chef d’Unité, et finir ainsi l’aventure entre eux, se retrouver et vivre leur fin de camp sans inquiétude.

Dommage toutefois de ne pas utiliser la réserve à autre chose, pourquoi pas en dividende aux Sœurs qui les ont accueillis pendant 3 semaines dans ce voyage à dit à but humanitaire. Mais il doit être important aux yeux du staff que les PI et eux  puissent vivre aussi leur Inde,… entre eux, seuls. Seule exigence de ma part : Je demande toutefois aux chefs de prendre les mesures de sécurité qui s’imposent : la liberté ne doit mettre personne en danger. Il ne doit plus s’agir ici de frustration mais bien d’une responsabilité partagée. En accord avec les Sœurs de Cluny, le van de la Communauté les prendra à l’aller et les conduira vers le guest-house que je leur ai réservé. Il les reprendra un jour après pour les acheminer à Chennaï- Airport. Ainsi, je suis rassuré sachant que les parents seront aussi sur place.

Pas facile de concilier en fin de voyage tous les points de vue mais lorsqu’il s’agit de sécurité, mieux vaut anticiper, surtout quand il s’agit d’une troupe de jeunes. Notre engagement passe aussi par là ! Et c’est mieux ainsi pour tout le monde !

 

Charlotte : Le jour où dormir à l’hôpital devient utile,
06h15, messe en Tamoul dans la chapelle des soeurs. Elles sont très touchées par la présence des PI en uniforme impeccable. Les chants sont Indiens. Fab prend sa guitare, Chikaree aura son moment au Piano. Les religieuses sont conquises. Ca y est, il a un nouveau fan club ! Petit déjeuner à l’hôpital, puis dernier débriefing tous ensemble.

Le mini trip est mis sur le ‘tapis’, les Pi en sont contents. Nous abordons leur WE à Mamalipuram, Leur budget est-il suffisant ? Cela ne semble pas être le cas et il ne faudrait pas que l’inquiétude gagne les pionniers. Mamalipuram est une ville plutôt onéreuse, Nous ne voulons pas les mettre en difficulté, Ce WE est, à nouveau, un extra sur le plan de camp initial ! Nous leur proposons de rester une nuit supplémentaire, visiter Auroville samedi matin, plage l’après-midi er partir le dimanche seulement : Ils repartent sur leur camp en nous promettant de nous retéléphoner dans la journée pour se positionner sur le WE.

Chez nous, Maya a maintenant la tête qui tourne quand elle se lève, malgré l’ORS, le Primpéran, l’Imodium… Il est temps de la montrer au médecin de l’hôpital. Maya est déshydratée. On le savait. Une PS pour voir où elle en est, une injection pour stopper ses vomissements qui sont permanents depuis ce matin, et on lui pose une perf. Je veux le bien de ma fille, mais j’angoisse ! Moi, dormir dans la salle commune en Pédiatrie, je ne peux pas ! La sœur voit mon stress, le médecin également, et ils me proposent une chambre privée et climatisée. Honte de prendre la chambre d’un patient gravement malade qui pourrait en avoir besoin ! Finalement les infirmières prodigueront les soins à Maya dans notre chambre ! Ouf ! Même si pour se donner du courage, elles viennent à 4 pour oser rentrer dans notre chambre ! Maya en perf totale, elle récupère enfin tout doucement, parce qu’on a coupé le cercle vicieux de la déshydratation. On se sent choyé et chouchouté. Non, non « Sisters », ce n’est aucunement de votre faute si Maya est malade, elle va déjà mieux, regardez ! Je m’éclipse quand même 1h sous le prétexte d’acheter un petit sac pour Noé et des chemises indispensables !!! Besoin de respirer entre les passages incessants des religieuses, des médecins, des infirmières….Maya est soignée aux petits oignons ! Et Fab prend son tour de garde. Grosse averse, Nous sommes trempés, Noé et Léo sont ravis et les parents aussi. L’humeur reste au beau fixe sur la terrasse. Il ne reste juste à savoir les projets des Pi pour Mamalippuram.

A 20h, Fab téléphone. Ils partiront finalement en utilisant leur bas de laine caché/de réserve si nécessaire là-bas. Nous sommes rassurés pour les 15 Pi, les chefs ont plus d’argent qu’annoncé si nécessaire ! Les parents ? Pas d’inquiétudes, ils vadrouillent…et font des digues sous la pluie…. Petit ou grand moment à vous relater ? Vous auriez dû voir les yeux brillants des Sœurs en voyant un gros camion de livraison se garer dans le cours et décharger 4 frigos pour équiper les chambres du 2ième étage ! Le stress puis la joie ! La communauté et tellement touchée par ce nouveau geste. Merci Joceline et Marc, merci Patricia et Thierry, d’avoir fait avec nous ce très beau geste pour la communauté, et cela en plus du don offert pour les projets, récolté lors du souper printanier ainsi que les nombreux médicaments apportés !

 

Samedi 18 juillet 

 

Charlotte : Les jours des au-revoir,

06h15, nouvelle messe en tamoule ce matin pour Fabien. Patricia et Thierry, Jocelyne et Marc aimeraient assister à la messe pour faire plaisir à la communauté, Ils ont même prévu quelques chants religieux. La sœur provinciale a fait le déplacement : il parait que ce fut un moment de plaisir pour les 2 ‘parties’ ! Petit dej. puis les parents partent à la découverte d’Auroville. Fabien, lui, vérifie que tous les hôtels sont bien bookés, ainsi que le van des Pionniers jusqu’à Mamalipuram puis jusqu’à l’aéroport. Les Pi ont besoin d’air pour ce dernier WE des vacances. Mamalipuram s’y prête à merveille : ses restos, son bord de mer, ses petites boutiques, son ambiance. Ils partiront donc seuls à leur demande. Fab s’occupe de la logistique afin que jamais ils ne soient en insécurité : Le van les accompagne, ils iront bien dans le guest-house réservé au début du voyage et tenu par un belge qui connait Fabien. La chef d’unité est au courant.et a donné son autorisation ; cela leur donnera leur autonomie désirée et leurs prises de responsabilités. Nous nous rendons donc avec la Soeur supérieure de l’hôpital, qui rentre de vacances, pour un dernier au revoir. Nous avions préparé avec nos enfants des petits cadeaux souvenirs que nous distribuons : Bonne route les Pi ! Repartez avec des images plein la tête ! Après les dernières embrassades des Pi avec les enfants des rues, le calme revient, c’est une deuxième page qu’on tourne.

Nous retournons retrouver nos enfants qui sont restés aux bons soins de Patricia et de Joceline. Maya va mieux et il déjà temps de dire au revoir à nos 2 couples. Chargés comme des mules, ils descendent dans une magnifique 4×4 avec télé indienne. Deux semaines de découvertes mutuelles, un pays déroutant, étonnant … Dis, Marc, tu reviendras pour des cours de Self-défense ? Dis Patricia, il faudra revenir toi aussi pour assister à un accouchement ? Dis, Jocelyne, il y a encore des merveilles à découvrir ! Dis, Titi, les Sœurs t’attendent pour chanter et animer leurs messes matinales ! Que de souvenirs ! A bientôt à Bruxelles !
Ce soir, ce sera Mamalipurram pour eux aussi avant le grand départ de demain soir pour la Belgique dans le même vol que les PI. Tout le monde est en sécurité. Merci d’avoir partagé cette belle aventure avec nous !

Le silence revient sur notre terrasse indienne. Cela fait drôle après ces 3 semaines intensives de boulot, la fatigue tombe,… pour la première fois Fab se couche avant minuit,…et au repos bien mérité !
Bonne nuit les Petits.

Fabien : Ce matin, dernière réunion avec les Sœurs et surtout Sœur Myriam et Sœur Saghayam – la sœur supérieure de l’hôpital. Elle revient de ses 15 jours de vacances, les seules depuis 3 ans dans sa famille. Au courant de la situation, elle décide de nous accompagner au Camp PI. Elle veut s’entretenir avec Sœur Lassy qui a accueilli les PI dans son centre et surtout être sûre que tout soit mis en place pour leur assurer un retour à Chennaï- Airport en toute sécurité.

Nos enfants se dépêchent d’emballer les cadeaux que nous avions prévus d’offrir dimanche soir avant de partir à l’aéroport : soit un petit verre en métal – symbole de la chaleur, de l’eau à boire et du verre de l’amitié pour l’avenir- soit un petit paquet de bois de santal – un peu de l’odeur ineffable de l’Inde- soit un petit Ganesh – symbole de la chance et du bonheur. Les filles ont été plus gâtées, nous leur offrons un peu de la beauté de l’Inde avec des boucles d’oreilles ; je n’ai pas hélas trouvé d’équivalent pour les garçons.

À midi comme prévu, nous rejoignons les PI qui ont reçu le lunch avec les Garçons des Rues. La deuxième page se tourne : beaucoup d’émotions chez les PI, nous embrassons le Staff, les dernières mains se tendent entre les PI et les garçons des rues.

Dans ces moments, je ne peux que penser à notre association. L’ASBL « Les Enfants de Pondy » a réussi un pari incroyable : une rencontre entre deux mondes, deux cultures, deux civilisations deux visions, deux jeunesses différentes… qu’en restera-t-il ? Des Souvenirs, des joies partagées, des langages inventés, des photos, des films, des traces sur la route,…Nous avons été au bout du chemin, d’autres commencent, d’autres se construisent, notre jeunesse grandit,… par ces expériences de vie. La jeunesse indienne prendra exemple sans doute…

Au nom de Cha, Nico, Daniel, de toute la Communauté des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny, de tous les enfants que vous avez animés, au Shenal Illam et à la Villa rosalie, au nom de toutes les rencontres des possibles, au nom de l’ASBl « Les Enfants de Pondy » ; Mille merci les Pionnières et les Pionniers pour votre engagement.

Ouf ! Une deuxième page tournée, nous fonçons sur les routes.

Charlotte et moi devons aussi faire nos adieux aux parents : Jocelyne et Marc, Patricia et Thierry partent dans l’heure, eux aussi à Mahabalipuram. Ils ont gardé les enfants pour la sieste, leurs bagages sont prêts. Ici, l’émotion est dans la soudaineté des au-revoir car nous prenons de suite rendez-vous pour nous retrouver en août. Nous les regardons s’engouffrer dans leur voiture, … les mains s’agitent, les sourires s’échangent, une aventure humaine se lit, continue, une troisième page qui fuit pour une autre rencontre indienne. Bravo à vous pour votre confiance, nos rencontres et nos découvertes.

 

Epilogue

Fabien : Seuls sur la route, la voiture partie, tournant le coin, nous prenons nos enfants par la main, la quatrième page se tourne et s’ouvre à la fois pour une suivante. Nous remontons silencieux sachant que tout ne sera vraiment fini que lorsque les PI seront dans leur avion. Toutefois, une quiétude commence, un moment de silence, la douceur sur la terrasse que nous redécouvrons, un sentiment du devoir accompli, un pari sur l’exigence et un travail acharné de 3 semaines – voire de 9 mois –  un silence. Un long moment pour s’imprégner, pour respirer,… Un silence en Inde, c’est possible ! Ici, tout est possible, même organiser un voyage pour 29 personnes ! Que votre vie soit belle à toutes et tous !

 

 

« Réflexions kéralaises sur un voyage exceptionnel »

Jeudi 7 août 2014.

Après le départ des pionniers de la 77ème Beauval, des parents, de Nicolas, notre aventure Indienne ne s’est pas arrêtée là, un certain 21 juillet. Quelques jours de calme à Pondy ; le temps pour nous 5 de reprendre un nouveau souffle, et à Maya de récupérer.
Ensuite, nous sommes partis en famille en direction du Kerala. Madurai et son formidable temple sur la route, puis Periyar et sa réserve naturelle de tigres et d’éléphants…Le temps d’une belle balade en bateau au petit matin dans la réserve, d’une découverte des montagnes en jeep l’après-midi, d’une promenade à dos d’éléphant le lendemain…et de 2 nuits dans un hôtel dont notre terrasse donnait sur une vue incroyable. Direction Kotayam, et Allapy, ses backwaters pour une promenade de 24h sur l’un de leurs fameux House Boat. Le temps de vivre les uns sur les autres pour notre plus grand bonheur.
Vient ensuite Fort Cochin : son ambiance très nonchalante, ses très belles maisons très coloniales ses quarelets chinois….et la vie durant 3 jours au sein d’une famille kéralaise ; le temps aussi d’assister à des danses et à des combats kéralais, d’un tour dans les petits canaux en barque, et de faire des achats de bijoux pour l’ASBL. Vous voyez on ne vous oublie pas.
Finalement Munar en montagne et ses plantations de thé, sa pluie, son froid malgré les polaires et les K-Way ! Tout est humide, partout ! Mais les paysages avec des plantations du Nilgiri sont plus que remarquables. Là aussi, on a pensé à vous en vous ramenant du thé; même si les enfants ont donné de leurs personnes à chacun des virages… La voiture, dans la montagne indienne, retourne les estomacs !
Et pour finir, un arrêt dans le Chettinad sur la route du retour. Des palais époustouflants, des rues désertes, une impression d’irréalité… Quelle belle aventure de 10 jours nous avons vécue ! Quelle bonheur de voir cet éblouissement sur le visage de Maya, Noé ou d’Eléonore ! Retrouver Maya avec cette spontanéité de petite fille…qu’elle n’est déjà plus tout à fait ! Du bonheur et un ressourcement à 5… que vous avez peut-être entre aperçu sur nos profils perso sur Facebook…là on ne parlait plus de l’associatif !
Et nous voilà de retour.
D’abord pour 3 jours à Karaikal. Le temps de nous rassurer d’abord. Moins débordés, nous retrouvons notre place dans ce cocon…Ouf ! Le temps aussi de nous replonger dans ce qui fait notre association et de faire un premier bilan de ce voyage.

 

Le temps est à la réflexion :

Les pionniers tout d’abord.
Nous pensons et espérons que ces jeunes en ont vraiment « pris plein les yeux » ! Chose formidable à leur âge. En tout cas ils le sont, formidables, car ils ont pu partager la vie de jeunes moins chanceux de l’autre côté du monde et ont surtout pu leur offrir une ouverture sur le monde. Les jeunes filles du Community College en parlent encore. Ils ont pu également essayer d’améliorer leur quotidien en prenant le temps d’améliorer le jardin des enfants des rues, et ils ont pu organiser des activités comme n’en vivront peut être plus jamais les street boys et les filles de la villa Rosalie ! De plus, nous avions proposé des extras aux pionniers dans l’agenda des ‘tout est possible’….et TOUT a été vu à part peut-être Auroville… Ils devront revenir…. Nous validons donc la réussite de ce voyage et leur disons bravo pour ce qu’ils ont tenté de réaliser…
J’aimerai quand même être un enseignant et je leur poserai ces quelques questions : « Qu’avez-vous découvert tout au long de votre voyage en Inde, durant ce camp pionnier? Le fait de venir grâce à notre association « Les Enfants de Pondy », au cœur de projets existants au cœur de l’Inde vous a-t-il été bénéfique ? Pensez-vous qu’il en restera quelque chose ? Etes-vous capables à ce jour, après un voyage de 3 semaines avec nous, d’expliquer ce que sont les 4 projets et qu’elle est le rôle de l’association dans ces projets ? ».
Notre place auprès d’eux est également un questionnement : « Avons-nous bien fait, pour ce que nous pensons de la sécurité des PI dans un pays inconnu et qui fait peur, d’être aussi présents ? Tout en leur laissant évidemment le champ libre d’agir dans les projets comme ils le souhaitaient (gestion de leurs animations… constructions….sur la plaine…) ? ». Nous expliquons notre présence par notre engagement auprès des parents des pionniers, il y va aussi de la réputation de l’ASBL en Belgique et en Inde d’assurer la sécurité des pionniers, et enfin nous nous devions de rassurer la communauté des Sœurs de Cluny qui était en réelle demande. « Devrions-nous pour un prochain groupe fixer des rendez-vous ponctuels pour leur montrer les projets, en les laissant se débrouiller seuls le reste du temps à Pondy comme pendant le mini trip ? Quitte peut être alors à faire dormir ce groupe en dehors de la communauté car ce n’est plus conciliable avec la notion de responsabilité des sœurs. »
Dans tous les cas, le bilan est à nouveau positif : Aucun bobo, pas de blessé, pas de gros malade à déplorer durant ce voyage Pi. Ouf ! À nous sans doute de devoir baliser au mieux les intentions et les envies de chacun car nous savons qu’il n’est pas facile de vivre au sein des projets. Et cela afin de déterminer la place et l’engagement de notre ASBL dans un futur voyage scout, d’une école ou d’un autre groupe. Nous devrons également apprendre à avoir une ligne de conduite écrite pour un plus grand confort. Nous avançons…un pas après l’autre pour la bonne cause.

 

De même, avec les parents ou Nicolas.

Nous avons été très heureux qu’ils soient parmi les premiers témoins de nos projets et de notre action, et cela après Daniel et Marie à Noël. Nous avons était extrêmement heureux de les faire vivre avec nous la vie dans cette communauté religieuse. Nous trouvions que cela avait un sens car ils venaient voir les enfants dont s’occupent les Sœurs de Cluny! Et cela pour la première fois pour nous et pour la communauté ! Comment l’ont-ils vécu ? Plutôt bien apparemment. En tout cas ils ont joué le jeu pour notre plus grand bonheur. Même si pour d’autres, l’impératif des horaires, par exemple pour les repas, pourrait être source de frustrations. Vaudrait-il mieux réserver un petit Guest House à côté de l’hôpital avec certains repas pris comme invité de la communauté ? Nous en rediscuterons avec Jocelyne et Marc, Patricia et Thierry, pour qu’ils nous aident peut être à trouver la bonne formule pour une prochaine fois….ou alors à étendre notre éventail de possibilités. Tout est du possible…. Merci à vous 5 pour votre intérêt, pour vos actions et pour votre témoignage sur les maisons des enfants que nous aidons !
Beaucoup de questions donc qui se réveillent à Karaikal, source de notre ASBL.


Mais il est temps de poursuivre nos carnets indiens

Pour reprendre notre emploi du temps pour ce début de dernière semaine, dimanche soir donc, retour à Karaikal comme nous l’avions promis. Vous vous souvenez ?
L’accueil à Pudutturai reste très touchant et nous changeons nos habitudes en occupant cette fois-ci les chambres des 2 couples de parents. A nous la terrasse et surtout, une chambre pour les enfants, et une chambre pour nous ! Bonheur ! Premier repas au calme avec les sœurs.
Ce lundi 4 août, nous partons déjà en autorick à l’école primaire et secondaire gérée par les sœurs de Cluny. C’est là que se trouve la responsable des enfants handicapés du Nava Jeevan et des filles du professionnel au Community Collège. Nous y retrouvons bien sûr avec bonheur Sœur Georgina. Nous discutons principalement de cette fameuse future nouvelle maison pour les enfants handicapés ! Deux nouvelles tombent: la première- la famille qui prête la maison- veut la récupérer. « Mouai… » ; la deuxième – un couple offre une maison aux sœurs de Cluny. « Faut voir…. ». Les sœurs sont enthousiastes. Nous, nous pensons que la maison sera à tous les coups, inadaptée ! Nous rêvions d’une maison neuve faite sur mesure pour eux sur un de leur terrain ; ainsi, tous les handicapes seraient enfin pris en comptes ! Elles voient nos doutes et nous invitent à visiter ladite maison le lendemain avec leur architecte. Pourquoi pas ?! Le temps de discuter encore un peu… Pas le temps du coup de passer au Community College comme prévu, c’est l’heure du repas à l’hôpital.

L’après-midi la fatigue du voyage de la veille se fait sentir. Fab part louer deux scooters pour nous rendre la liberté et nous passons la fin d’après-midi à la plage avant d’aller prendre un verre sur la digue (maintenant certains visualiseront…). Le repas du soir est bien doux auprès de cette charmante communauté de religieuses très travailleuses.

Mardi 5 août, nous partons visiter cette fameuse maison. Et bien… nous sommes très surpris. Elle est belle et grande ! Ce n’est pas le centre adapté pour l’accueil des enfants handicapés dont nous rêvions, mais c’est très bien ! Pour tout vous dire, cette maison, on l’habiterait bien tellement elle a du charme et qu’on s’y sent bien ! Nous prenons beaucoup de photos pour vous montrer son intérieur, son potentiel, faisons le tour plusieurs fois avec l’architecte. Notre frustration ? Ce sont les religieuses qui décident de ce qu’il faudrait faire, et ce, sans faire appel à un spécialiste du handicap. On parle de rampe d’accès, d’appuis sur les murs mais c’est de-là peu près… Nous, et notre esprit trop carré d’Européen, ne sommes pas satisfaits ! Nous attendrions de suite un devis précis de l’architecte afin de nous mettre en route pour leur venir en aide.
Petite visite à ces enfants qui méritent le respect. Les nôtres attendent avec une religieuse. Le handicap fait peur. Nous avons insisté pour qu’ils voient cette maison une fois, mais nous ne voulons plus leur forcer la main. De retour à l’école, un magnifique repas de crabes a été prévu avec un jour d’avance pour fêter mon anniversaire. Quel accueil !
Puis vient le temps de la discussion autour de l’asbl, des enfants handicapés et sur le paiement des salaires.
Quel étonnement et… bonheur de voir pour la première fois le livre du compte qu’elles tiennent pour nous : ainsi, chaque mois, les 7 salaires des travailleurs autour des enfants handicapés sont payés avec les 500 euros que nous leur versons trimestriellement.
Pour tout vous dire, 3 mois de salaires leur coûtent 538 euros… (40 euros, peu de choses pour nous mais tellement pour elles). Des noms…des salaires à côté… une vive émotion ! Le temps que nous donnons, les dons que vous faites à l’association, prend tout son sens dans ce livre de compte. La machine est en route ! Et l’argent épargné alors ? Les premiers mois, les sœurs l’ont conservé…peur que la source ne se tarisse. Maintenant, elles ont l’objectif de la nouvelle maison et du nombre d’enfants qui pourra être augmenté ! Elles voudraient aussi offrir un vrai repas aux enfants le midi, chaque enfant ramène son panier repas. Certains ont à peine de quoi manger…
C’est du bonheur et tout reprend un sens ! En nous voyant tellement enthousiaste dans nos envies de pousser ces enfants vers demain, nous discutons et elles reconnaissent très peu s’y connaitre sur le handicap et sur les méthodes de stimulations…. Elles n’ont que leur bonne volonté et beaucoup d’amour. (Car de l’amour, il y en a !). Un nouveau challenge ? Et si nous trouvions des professionnels ou des étudiants pour apprendre aux travailleurs de la maison les gestes à accomplir avec ces enfants ? A bon entendeur….
Une petite confession, ce voyage-ci, j’ai surpris les gestes des religieuses qui bercent un enfant en larme ou qui soutiennent un geste maladroit. La dernière fois, je crois que je n’avais vu que l’endroit inadapté et le nombre d’enfants aux handicapes tellement disparates… L’amour est présent quand on prend le temps de le voir….
Durant la sieste, Fabien se rend seul au Community Collège. Même exercice. Que font-ils de l’argent envoyé ? Que font-ils de l’argent épargné ? Ici, il leur reste 150 euros des 1500 envoyés, en plus de l’épargne. Mieux équilibrer ce que nous donnons ? Mais le nombre d’étudiantes augmente… Une étudiante pauvre qui aura un métier, sauvera sa famille…. Attendons encore un peu. Ici, des Ordinateurs dignes de ce nom sont commandés pour celles qui font du travail de bureau. Et chacune aura un bureau pour étudier d’ici peu….. Améliorer le quotidien d’enfants en difficultés, c’est le but ! La sœur raconte que les filles ont adoré leur entrevue avec les pionniers. Elles se demandent aussi pourquoi cet indien un peu bizarre fait tout ça pour elles… C’est notre histoire…et un peu la vôtre maintenant…

Sœur Lourde-Mary prend du temps après le thé pour nous faire visiter le nouvel hôpital qui se construit. Beaucoup de travail. Un bâtiment très grand, et qui peut évoluer… mais quand on voit le nombre d’accouchements ! Nous finissons l’après-midi sur notre plage. Ce ne doit être qu’une baignade, mais nous rencontrons un couple de français et un français d’origine indienne. Des profs ou accompagnants pour handicapés….ancien kiné ou as en PMI. Connaissant l’Inde bien sûr. Le monde est petit et c’est bien ! Un signe ?

Nous revenons à l’hôpital, il fait déjà noir, et surprise…. Des lumières de toutes les couleurs ont été mises dans leur magnifique petit jardin, une table est dressée, et nous faisons un festin de roi sous les étoiles ! Souvenir inoubliable de ce moment passé avec elles. Demain nous repartons et elles ont voulu nous faire plaisir en fêtant si bien mon anniversaire….Merci pour ce merveilleux moment!!!

Le lendemain, mercredi 6 août, réveille à 5h pour mettre le magnifique Sari que les sœurs m’ont offert. Puis direction la messe en tamoul à 5h45…..en sari toujours ! Petit déjeuner avec les sœurs autour d’un magnifique gâteau….que du bonheur ! Deux joyeux anniversaires…un pour moi, et un pour notre Maya qui aura 10 ans dans quelques jours ! Et puis c’est reparti pour un ballet d’au-revoir aux deux projets de Karaikal ; nous récupérons également les lettres que les sœurs nous ont écrites pour vous et la copie des comptes. Nous croisons par un heureux hasard le couple rencontré la veille. L’occasion de leur présenter la maison des enfants handicapés…C’est un peu leur domaine…drôle de coïncidence, encore une fois ! Mais il est temps de repartir sur Pondy…3 h de route, afin de passer encore un peu de temps ici aussi. Sœur Lourdes-Mary est émue, nous aussi ! A dans quelque temps…. Petit repas chez Madame Shantee, les enfants rêvent de nourriture bien belge ! Le départ approche !

 

 

Jeudi 7 août.

Matinée bien employée. Nous rencontrons un charmant couple de belge qui a mis sa maison au service d’un quartier : « le … » ! Crèche, école des devoirs, animation le WE et amélioration de la vie du quartier ! Quel beau travail ! Ils travaillent en collaboration avec le Volontariat de Shanti…Ça vous dit quelque chose ? C’est notre agence de voyage (Welcome Travel qui nous a parlé d’eux et on en est très heureux. Nous rencontrons l’après-midi, Sister Lassy, la sœur qui s’occupe des Street-Boys. Grosse réunion ! Que fait-elle de notre argent envoyé ? Une copie du livre de compte nous sera donnée avant notre départ. Nous comptons une cuisinière, un jardinier, un éducateur le soir, et les deux religieuses…Que fait-elle de l’argent épargné ? Deux, voire trois grandes idées sortent du lot quant à son investissement : des lits ! Que chaque enfant est SON endroit…..mais ça coûte cher pour 50 enfants, elle aurait le budget en octobre suite au prochain versement. Elle aimerait aussi réparer ou changer leur camionnette plus que défectueuse… Mais surtout, engager des éducateurs pour le soir, ce qui lui permettrait de lâcher du lest. Sa maison fonctionne mais avec 50 garçons avec un passif pas facile derrière eux, ce n’est pas rose tous les jours. En fin d’après-midi, Fab part au marché avec Léo et Noé. Je pars faire les magasins avec Maya… 10 ans elle commence à y prendre gout ! Nous rêvons d’aller se prendre un verre sur une terrasse mis les enfants sont lessivés. Ce sera dessin animé pour eux et calme sur notre terrasse pour nous…
Vendredi 8 août …..les sacs sont faits ! Tant pis les cadeaux de dernière minutes, nous sommes égoïstes et préférons une dernière journée piscine ! Mais voilà les sœurs nous kidnappent. Je leur ai dit durant le repas, la veille, que Maya adorait les vêtements… Nous voilà donc en ville ! On a tous droit à une tenue traditionnelle ! C’est terriblement gênant mais tellement touchant ! Mille Merci ! Un coucou rapide à Daniel et nous prenons enfin le chemin du Mango Hill. Les enfants sont impatients.
En fin d’après –midi, nous retrouvons notre couple de belge. Ils sont venus avec le directeur de leur maison. C’est notre tour de les emmener dans nos projets. Ils nous prennent sur la route et c’est parti pour le Sheela Illam ! Moment d’échange….c’est génial ! On se sent entendu dans nos difficultés ; ils semblent voir cette maison avec le même regard que nous. Réflexions… Rendez-vous à la villa Rosalie demain matin, il se fait tard. Après le repas avec les sœurs, un des derniers, nous nous rendons au Satsanga. Dernier moments en Inde…nous profitons ! Fabien y retrouve Cathy, son homme et son groupe, rencontré décembre. Il est tard, je ramène les loulous bien fatigués par leur journée… Fabien me rejoint et relis avec attention nos carnets et nous nous couchons sous la pluie tant annoncée, la mousson arrive, … Les prémices d’un départ vers d’autres aventures ! La tournée des au-revoirs en deux jours et déjà se quitter,… Nous promettons aux Soeurs de revenir très bientôt, … lundi, nous serons de retour dans notre quotidien bruxellois, des images pleins la tête. Merci de nous avoir accompagnés tout au long de ce voyage, … que votre vie soit belle !

Charlotte et Fabien

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s