Retour sur la Route des Enfants de Pondy, mission de travail décembre 2013-2014

« L’étrange, Etrangère ! » :

Jeudi 19 et vendredi 20 décembre 2013

Il me restera de ce départ une étrange émotion ; celle qu’un homme ne vit qu’une fois, quand l’événement rattrape le présent, une espèce de minute inconciliable du devoir « Partir »- alors que le cœur freine des quatre fers, me veut voir reculer – et du devoir de l’engagement humanitaire, partie tellement importante dans ma vie. P1140340 J’enrage secrètement contre le temps trop court des au-revoir : l’instantanéité du passage franchi de mon identité face au douanier impassible, sans possibilité d’un regard en retour, je voudrais les revoir, mes enfants, juste accrocher leur regard une dernière fois, embrasser mon Amoureuse ; mais non, seules les boutiques de luxe me regardent, il me faut avancer à présent ; je l’ai choisi. Le temps est devenu incommensurable. Des vingt-quatre heures à attendre que l’avion mange ses kilomètres, qu’il défile les nuages, qu’il se fasse engloutir au gré des heures dans l’estomac de la nuit qui le poursuit,… pour qu’une escale au pays des chameaux me régurgite dans les cieux pour quelques heures après et venir tomber dans les bras de mon Etrangère. Le temps d’un lever de soleil sur mon Inde endormie… le temps passe toujours, quoiqu’on y fasse, j’y suis. Etrange, le silence de mon Etrangère !

L’accueil de Sœur Sahayam, la sœur supérieur de l’hôpital des Sœurs de Cluny, est silencieux, je lis dans ses yeux les reproches de ne pas être venu tous ensemble. Elle me le dit enfin : « Quand reviendront-ils en même temps que toi ? ». J’ai l’impression d’être redevenu le petit garçon endimanché dans ses culottes courtes qui doit se justifier : « Nous reviendrons tous ensemble en juillet et août Sister,… ». Silence dans la nuit. L’absence, encore et toujours.

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Le temps d’un thé, sur le bas-côté d’une route à la sortie de l’aéroport, plus abandonnée que la 66 ; mon mal de dos rebondit dans la nuque au rythme des écorchures des passages sauvages des camions ; résultat d’une nuit complète aux côtés d’un Ganesh indien qui ne respirait plus entre les accoudoirs baissés et pour qui sa prostate a dû l’omnubiler tout le trajet – j’en veux pour preuve le nombre incalculable de fois où je me suis levé pendant ce trajet. Je regarde impassible et sans émotion les paysages obscurs défiler, il manque quelque chose. Je l’observe me scruter au plus profond de moi-même, mon Etrangère que je revois seul pour la première fois depuis quinze ans. Le silence assourdissant des cris de mes enfants absents ne sera cette fois-ci pas comblé par les klaxons frénétiques des camions ni par l’accueil timide de mes Sœurs préférées auxquels ils manquent aussi, inévitablement. « Où est Charlotte ? », me demandent-elles ? Ma réponse n’accueille que le silence poli. Elle me manque autant qu’à elles. Que dire de plus ? P1140351 Etrange, ma chambre, la même qu’en février dernier. Impersonnelle, inodore, où je me dépêche de combler le vide en réunissant les lits pour occuper la place manquante ; je bourre les armoires de mes valises de jouets et de quelques T-shirts, toujours les mêmes pour les mêmes photos; il fait froid ce matin. J’envoie mes SMS, ma terrasse indienne a bien changé, mon Amoureuse n’apparaitra pas derrière le coin. Je n’ai pas dormi, je me couche dans l’étrangeté du moment, je flotte dans mes pensées. Il est 08h00 ce vendredi matin, je suis en Inde. Lorsque l’Etrangère est enfin complètement réveillée ; je me décide enfin : partir louer un scooter rouge – il me faut du rouge !- acheter ma poudre à lessiver chez Nilgiri, trouver une clé USB pour ma connexion 3G, … enfin de l’action. Au retour, vite le mail pour rassurer et les Sœurs, qui pratiquent leur propre étrangeté, me proposent un mini-concert pour la Noël cette après-midi ; juste quelques chansons de Noël remis au goût du jour. Je ne percute pas et tendu comme mes nouvelles cordes de guitare, je me retrouve face à 250 personnes, en costumes traditionnels alors que j’arrive en short et T-shirt. Touriste ! Je le suis ! Ils rigolent ! Je suis présenté comme l’enfant de la Communauté qui revient à la source ! Je n’y avais pas pensé. Je chante en DO Majeur histoire de me casser la voix « Le message des Anges », « Douce nuit », « Il est né le Divin Enfant ».

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Après le silence de la nuit et des instants passés seuls, le vacarme des applaudissements. Succès improvisé de l’Etranger sur l’Etrangère. : Je suis bien vivant ! Je regarde les enfants de la pouponnière danser, les jeunes filles des cuisines et de l’hôpital danser ! Je repense à ces deux enfants partis la semaine dernière pour les Etats-Unis, frère et sœur enfin adoptés. Je repense à cette chance que j’ai eue, je la voudrais pour les autres,… C’est parti ! Le voyage commence enfin, j’ai des pensées positives, … Je vais demander aux chauffeurs de la Communauté les films de ce spectacle pour vous les partager. Mon Etrangère recommence-t-elle à m’apprivoiser ou peut-être est-ce moi qui m’apprivoise ses changements ? Hier, j’étais dans le froid, l’excitation, la dureté du boulot, de l’organisation des voyages à venir… Aujourd’hui, face à elle et ma solitude ; je me souviens des « Profite ! ». Etrange, ce soir, Marie-J et Daniel que j’avais rencontré en février à Pondy, puis à l’inauguration à Lille et à Wimereux, passent me prendre comme à la maison. Je quitte la Communauté pour la « Terrasse » sur « La Promenade », face à la digue, un resto chic  et tendance. La dernière fois, c’était avec Maya, Noé et Eléonore, Fanny et Charlotte. C’était il y a si longtemps, à peine trois ans ; c’était hier. Nous planifions notre boulot de la semaine : retrouver les jeunes filles sidéennes de la Villa Rosalie et les Enfants de Rue, préparer les films et reportages, partager les dons, préparer notre séjour à Karaikal. Le temps reprend son cours, celui de l’agir tel que je l’aime. Je me sens de nouveau actif, plus serein, plus fonceur que jamais. Le temps est à reprendre à mon Etrangère, mon Inde, ma Pondichéry envoutante et paresseuse. Elle ne m’aura pas, elle n’a qu’à bien se tenir… Je suis ici pour tous les enfants de nos projets ! J’ai du boulot, un vrai à temps plein ! Etranger en Inde ? Plus aujourd’hui ! Je m’appelle Fabien Prakash, il est 02h30 de la nuit. Cha inquiète pendant toute la journée a reçu enfin de mes nouvelles. Enfin,… alors, plutôt que de m’endormir, je vous écris. Ce n’est pas étranger à mon cœur : « Je pense à toi, à ma raison d’être ici. Il y a des jours où l’on aime plus intensément, où je sais pourquoi j’existe : c’est surtout grâce à toi, Mon amoureuse ! Embrasse les enfants pour moi  ». L’Etrangère est partie, à lundi !  

 » Où il est question de mécanique, d’électronique, d’électricité et de … 3G. ».

Samedi 21 décembre 2013 à 22h30

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Le rythme indien, je ne l’ai pas encore dans la peau ; je me réveille à 09h30 après une courte nuit ; comme vous le savez. Comme j’ai tellement froid le soir, je n’allume pas le ventilateur mais le matin, c’est la moiteur et la chaleur qui me réveillent. En retard pour le déjeuner, en retard sur mes nombreux rendez-vous ; Pondy la glandeuse m’a attiré dans son lit.

Un seau d’eau glacé- ça devient une manie – refroidi mais alerte ; rendez-vous chez la Sœur supérieure pour préparer le planning. Avec les Sœurs, c’est comme avec ma mère (« Je t’aime Maman ») : plus vous répétez les choses, plus vous expliquez, plus la mécaniquecérébrale se met en route et enfin ; vous vous sentez compris… pour quelques minutes. Et encore, avant le changement d’avis. J’ai remarqué tout au long de ma vie que c’est toujours quand on revient que l’Autre se découvre à nous. La mécanique ici est pareille. Ce que vous croyez comme un fait évident ne l’est jamais. Aujourd’hui, tout ce que je demande, je l’obtiens. Les rouages s’enclenchent, l’agenda se remplit, les Sœurs des projet sont prévenues de ma venue avec Marie et Daniel, on a déjà réservé le taxi pour nous trois, puis… le rouage se grippe, toussote,.. Je dois vite aller boire de l’huile pétillante avec un peu de mousse.

Voilà que ma chère sœur supérieure m’emmène illico presto à l’évêché de Pondy pour expliquer nos projets. Buzz sur mon circuit électronique, je lui supplie de me permettre de me changer : je n’irai pas en short et petite chemise ! Son fusible a sauté manifestement. « Non ! Je vais avoir l’air malin encore une fois, et pour la deuxième fois en deux jours !… ». « Touriste, me dira-t-il ?! » ; « Non, je n’en veux plus, je suis là en tant qu’organisateur d’une association sérieuse et responsable,… ! ». Rien à faire, … elle reste inflexible, le chauffeur m’attend et Monsieur l’évêque nous attend. Pas grave, j’ai au moins autant de bagues que lui à embrasser,… L’entretien est cordial, je n’ai pas tout compris car il commence sans cesse les phrases en anglais et les termine en tamoul mais il m’adore ;… c’est fou l’énergie ( ?) que je dégage avec les religieux. Rendez-vous à la messe en français demain. Quelle heure ? 07h30, ouf !

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Ma 3G est toujours en cours d’activation, je retourne chez mon Indien, problème sémantique. Cette fois-ci, un touriste ne peut utiliser une 3G, par peur du terrorisme. Je dois avoir la tête d’un Indien louche, je ne parle pas la langue mais j’ai l’air de… Il me fixe rendez-vous à 21h00 ! Typique ! Si on ne remet pas à demain, comment prouver qu’on est professionnel et spécialiste dans son domaine ? Je sors et là ; ma belle petite trottinette me lâche… lâchement ! Un problème de bougies me dit mon Indien. « Occupe-toi de ma 3G ! ». C’est électrique, ça ? Pas besoin de crier, de s’asseoir désespéré par terre ; juste attendre qu’Ils arrivent. Voilà bientôt trente personnes qui s’agitent autour de ma petite chérie de bécane rouge. Je repars sans avoir mis un doigt dans les rouages, je les adore pour ça ! La gratuité existe encore… ou pas, allez comprendre : « Un type crève sa roue sur le boulevard Lambermont ; dans les embouteillages, je me plains, je trouve cela tellement dommage surtout s’il doit aller chercher ses enfants à la crèche ; j’avance de 5m, je l’ai déjà oublié, le mec ! ».

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Il est 14h00. Je m’attèle à la tâche immense de terminer les carnets indiens. Pierre, mon ami du Satsanga- restaurant m’invite dans un nuage de fatigue pour les envoyer par internet, en compagnie de quelques sympathiques moustiques ; elles doivent être sur piles électriques car elles m’attaquent au point de ne plus sentir mes jambes nues. Je viens me raconter, celui qui se livre ainsi a toujours la peur de l’indicible qui deviendra vite commentaire, réflexion remarque et puis critique. L’esprit de « l’écrivain » que je ne suis pas, est apaisé, il accepte tout ; l’Etranger doute toujours du dire de derrière le mur feutré.

J’accepte le challenge ; soyez gentils avec moi-même si les textes sont longs. Aant, je soumettais mes textes à mon Amoureuse ; là, tout seul avec mon Etrangère, je suis seul face à mes sentiments. Cela faisait si longtemps que je n’avais plus écrit pour moi, ni en chanson ni en poésie ni en carnet de route ni même une lettre amoureuse à celle que j’aime. Le manque de temps, le manque de temps ;… peut-être la mécanique du Bienheureux qui ne peut dire son bonheur ultime d’être heureux malgré les difficultés et les déchirures de la vie.

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Presque libéré, je m’enfonce dans les tréfonds de Pondy, dans les ruelles safranes du marché de Pondy. Elle m’attend, ma vendeuse du soir… Mécanique électrique émotionnelle de retrouver et de partager les nouvelles de la famille : « C’est ma fille, elle est née peu de temps après votre venue » ! Je regarde les photos d’Aroul : « On dirait Maya petite ! ». Empli des odeurs enchanteresses des fleurs du marché, je rentre encore plus heureux d’avoir trouvé le premier cadeau de Noël pour mon Amoureuse arrimée au froid de l’Europe.

À peine aperçu dans les couloirs de la Communauté, il me faut manger de suite car j’ai rendez-vous avec Sœur Térésa, l’ancienne Sœur Provinciale,responsable de toutes les communautés des Sœurs de Cluny dans le sud de l’Inde. « Et si les batteries étaient à plats, Sister ? ». « Le kérosène avalé en toute hâte en forme de riz au curry gonfle le bide, Sister »Sister Térésa est aujourd’hui à l’Hospice de Cluny, ; ce petit bout de femme énergique nous aime vraiment!

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Nous parlons de tout, parfois de rien, de mes projets et même des siens. Elle me brieffe comme tant d’autres sur la manière de présenter nos projets ; histoire de mettre toutes les chances de nos côtés. Je ne dois plus être capable de parler à l’Autre sans devoir être coacher, la magie n’opère plus, c’est visible, latent, petite bête qui m’empêche de vivre et de m’exprimer librement. Suis dans la mécanique des impossibles ? Affectueuse, elle frôle mon bras et touche enfin ma main qu’elle serre fort, elle m’encourage, toujours avec son affection dite et redite pour Charlotte. Je suis reconnaissant que quelqu’un prenne conscience que si ce projet réussit, c’est parce que Charlotte fait tout pour,… un jour, on le lui dira dans une plénitude et reconnaissance qui lui sont dus. La lourdeur de ce projet c’est que la lumière du phare, je l’occupe pleinement ; le socle qui tient l’illumination des ténèbres, c’est ce bout de femme géniale qui tient la boutique, droite, debout, merveilleuse, tellement Elle ! Les moments sont uniques, Sœur Térésa m’embrasse pour toute la famille, elle me donne son soutien, je l’adore,… et plus encore.

Il est presque minuit, ma 3ième génération de mon Internet foire et ne sera jamais accessible. Je téléphone en 1G pour 30€ les dix minutes ; tout va bien, pour le dire mais cher ! Alor, je regarde mes petits chiens s’endormir les uns contre les autres en contrebas de ma terrasse. C’est demain, un autre jour,… sera-elle en 4G pour finir mes mélancolies mécaniques électriques ? On verra,…

cropped-logo-asbl.png   P1090998 Dimanche, le 22 décembre 2013 Sommes-nous tous en tort lorsque nous faisons tout pour tout aggraver ? Ici, pour l’Etrangère, la question ne se pose pas comme le débat de société qui pousse le tout à l’écologie politique chez nous ferait des ravages en Inde. Promenez-vous dans les rues emplies de déchets, inutilement amoncelés, amas des restes vides sans vie ; inutilement. Juste une envie d’abandonner ce qui ne me sert à rien, le surplus de mon repas, les vêtements que je ne peux ou plus porter, la clope que j’aifinie et jetée par le fenêtre, le triage qui ne sert presqu’à rien ;… En Inde je jette à tout va ; c’est ainsi. Réflexe peut-être moyenâgeux mais qui perdure encore chez nous : que faire de dont on n’a plus besoin ? « Le jeter ! ». Société de consommations, quand tu nous tiens ! P1090989     Amenons toutes nos idées en Inde et créons le futur. L’utopie écologique est de croire que les gens en veulent, alors, on leur impose. Génial de cette association indienne de sensibiliser les pêcheurs de jeter tous leurs déchets à la décharge plutôt qu’à la mer ou sur le rivage ; il en va de la survie de leur littoral. Dommage, les résidus non recyclés sont jetés dans le canal … qui va à la mer… P1090997 Pourtant, la filière du plastic a de l’avenir à Pondy, elle draine des centaines d’emplois. Les emplois se multiplient, les campagnes de prévention s’arrêtent définitivement : « En gros, polluons plus ; ça crée de l’emploi ! ». Alors, les beaux rivages du Tamil Nadu se fissurent, reculent de 20 mètres, détruisent nos souvenirs de plage, et deviennent encore plus dangereux qu’ils n’étaient. Les conscientiser ? Pourquoi faire ? Ils sont à l’aube de leur propre Révolution Industrielle ! ce débat écologique est absurde car il contre la toute puissance du marché. Dans les choix économiques indiens, rien ne vaut la croissance ! Tiens, ce débat nous tient en Europe. Comment créer de la croissance ? P1090986 Entretemps, l’Inde du sud en paie les lourdes conséquences : la fissure du littoral visible, les saisons des pluies qui se raréfient ou arrivent avec des semaines de retard, une déforestation massive qui rend les paysages nus,… Que doivent-ils faire ? Se réorganiser économiquement ? Mettre à mal le concept de croissance durable, gage de prospérité ? A l’inverse de la Chine, l’Inde prend son temps ; elle tente maladroitement de conscientiser sa population…

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Step by step, commence un réveil des consciences, un frémissement. Cela suffira-t-il ?        

 

 

« Le temps que tu consacres à ta rose la rend importante à tes yeux » ; Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry.

Dimanche 22 décembre 20

 

13 Le temps ici est une notion abstraite. Il file, défile, s’enroule, se déroule, se désaltère, s’arrête à force de courir le matin, une après-midi de sieste, se réveille à la nuit tombante, s’accélère pour rattraper le sablier et s’endort trop tôt. J’ai couru après ma Rose toute la journée et ce même depuis mon arrivée. J’ai apprivoisé mon Etrangère ; à présent, vient le temps à consacrer à mes Roses. Elles sont quatre à attendre ma venue. Je les souhaite du fond du cœur, je voudrais leur dire que je prends soin d’elles, qu’il me manque la disponibilité du temps, que je suis désolé de mes propres insuffisances. Je voudrais en faire plus,… toujours, je sais ce qui habite mon cœur dans ces moments-là. J’ai couru toute la matinée. Levé aux aurores pour la prière en communauté en Tamoul à 06h15, déjeuner puis la messe en français à l’église à 07h30 pour partager mes projets en présence de mon évêque préféré (il n’a qu’une bague, lui,…) ; lecture de la lettre aux apôtres par votre serviteur (Et moi qui voulait rester discret à Pondy), voilà que je suis sollicité pour distribuer la communion. Je cours à 09h00 à la Villa Carlos porter mes projets à la connaissance de la nouvelle sœur ¨Provinciale, responsable de toutes les communautés de Cluny en Inde du Sud. En présence de SisterMolly, trésorière de la Communauté, SisterSahayam ; il y entre nous quatre comme un parfum de roses qui nous enrobe, une légèreté bonne enfant et l’étonnement d’un de leur fils qui revient chargé de cadeaux modestes et du don gratuit de vous, qui m’encouragez et me soutenez en

France et en Belgique. 

Je ne me sens pas « Formidable, ni fort-minable » mais ce que j’entreprends, je le dois à la force donnée par tous ceux qui m’aiment. A chacune des paroles prononcées, je les sens toutes les deux chuchoter à mes oreilles ; l’une pleine de tendresse amoureuse – tu n’as jamais été aussi présente Charlotte- l’autre me murmurer sa joie – mon amante d’Etrangère malicieuse. Je vous partage à mes Sœurs préférées. Le voyage des pionniers prend forme. Elles me témoignent leur confiance, ils viendront dans les meilleures conditions. Le fardeau de 2000€ est donné et déposé sous le sapin de nos projets. J’ai réussi mon pari intérieur, reste l’avenir incertain du temps consacré…. Mes quatre roses fleurissent, timidement. Exténué à 11h30, une Kignfischer me récompense enfin !

Connaissez-vous ce drôle d’oiseau bleu qui pêche ses poissons avec délicatesse dans le Gange, avec une telle harmonie que Shiva elle-même le pris sous son aile ? Je l’ai fait mien, il est mon meilleur ami ici ! P1140902 Free-time que je croyais cet après-midi : la chaleur, la plage, les barques de pêcheurs,… Avec Marie et Daniel pour compagnons de route, nous partons vers ces rivages sublimes du de ma côte du Coromandel. Daniel insiste pour me montrer la plus belle plage pondichérienne, je lui propose de voir celle des enfants. Pas contraire, je les emmène et là : Stupeur et tremblement, la plage disparu !!!

 

 

 

 

 

 

Les belles paillottes préférées de Maya et Noé ont été englouties par la mer démontées, ne restent que les douches et les toilettes, vite pillées et saccagées. Le spectacle est désolant. Nous réfugions sur la plage des surfeurs français. Une côte totalement déchiquetée, abîmée par la folie des hommes qui en paieront le prix ! En cause, le nouveau port de Pondy, un peu comme la digue de Boulogne qui avale les falaises wimereusiennes.

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Nous quittons cet affligeant spectacle pour un autre plus beau : ma première rose au masculin : les Street-Boys. Enfants abandonnés et qui survivent dans les gares de train et de bus, les cinémas. Nous leur venons en aide pour payer les salaires des cours de Yoga, Karaté et musique.

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Nous les retrouvons pour une danse au profit d’enfants sidéens accueillis par les Frères Salésiens et les Sœurs de Cluny. Il n’y a pas de graduation dans l’abandon humain, dans l’échelle de la pauvreté ! Ici, dans ce centre d’accueil, c’est pire qu’à Cluny mais pour chacune et chacun d’eux, les Sœurs et les Frères leur offrent un avenir. Marie et Daniel tombent à nouveau sous le charme ; une fois de plus, je sais en mon fort intérieur qu’une fois de plus : « C’est le temps que je consacre aux autres qui me rend ma dignité, ma raison d’être, ma vie ». Marqué au fer rouge depuis la petite enfance, je me voudrais être une personne utile, un petit jardinier qui arroserait les roses de la vie. ». Le spectacle de ce soir est merveilleux, dans la nuit, se présentent ces enfants qui nous offrent l’instant d’un soir : un Noël.

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Nous les quittons avec regret, pour jouer enfin à la Playstation 4, mieux que le Grand Toursimo, revenir dans la nuit, en scooter, sur les routes indiennes ! Dantesque ! Inferno ! (2°opus de la trilogie de Dante) ! Je souhaite à tout le monde cette grisette ! Il fallait me voir, heureux comme un gamin. Heureux de cette journée faste ! A demain.

 

« J’ai cru qu’apporter des sacs de riz serait de l’Humanitaire ; le partager autour d’une même table serait encore mieux ! » (Bernard Kouschner)  

Lundi 23 décembre 2013

 

Journée complète pour les Street-Boys. Intervieuws en direct de SisterLassy, les gamins me sautent dessus. Daniel est dans son univers, ils les coachent en tamoul, Marie ouvre des grands yeux. Ils m’ont reconnu. Encore une fois, mon Etrangère opère son charme. Ils comprennent nos projets Cha ! Il en vaut toujours la peine !

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Le bénévolat oblige à celle ou celui qui s’engage à se donner entièrement, les choix sont les siens, il sait qu’il sera sollicité instamment les casquettes sont multiples : après chanteur du premier jour, organisateur des voyages, confesseur des problèmes, conciliateurs de moi-même, professeur ;… je m’improvise journaliste.Dans les jardins somptueux tenus par les Enfants des Rues, nous tentons l’expérience. Je crois qu’il est possible de vous les faire découvrir ces projets. Sœur Lassy se prête au jeu, mon anglais imparfait fait tache mais ne gâchera, j’espère rien, au témoignage, à l’exercice de style. Je l’ai mon film sur You Tube. (La suite arrive avec le visionnage des vidéos et leur mise sur facebook et You Tube, un peu de patience encore) Les meilleurs photos de nos Street-Boys, les voilà enfin : P1140461P1140466P1140522P1140527

 

 Mardi 24 décembre 2013

Nouvelle journée, nouveau challenge, nouvelles idées, nouvelles envies. Aujourd’hui je consacre mon temps à mes petites roses de la Villa Rosalie. Pourtant perturbé par la nouvelle de l’école, je contiens ma rage, alors j’habite mon esprit de pensées légères. Après la dureté des mots, le Fab’ n’est jamais meilleur que dans le dépassement. Je ne vois du coup plus mon Etrangère, vite partie s’éclipser derrière ma nervosité et mon angoisse. L’Inde m’échappe un peu, de retour à Bruxelles avec Ma direction qui exige mon retour pour la rentrée ! Elle entre avec fracas dans le voyage, seul moment de réel quiétude ; une sorte de harcèlement continu : « Réagis ! »,  « Ne donne pas le bâton pour te frapper ! Démissionne, abandonne ! Jamais ». Il faut tenir malgré la violence, pour le bonheur des miens, je  sais que j’en vaux la peine ! J’attends Daniel, longtemps trop longtemps. Je les vois tous deux arriver ; je sais l’énergie que je bouffe aux autres dans la quête de mes projets ; il faut tenir le rythme.

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Avec deux de retard sur le timing, le temps nous est compté mais ce décalage, nous en garderons un bonheur immense. A peine arrivé à a Ville Rosalie Javouwhé House, Marie et Daniel prennent les choses en mains, ils ont retenu mes attentes de la veille ; nous nous dirigeons avec toutes les filles, après quelques mots de présentation, sur le toit de la maison pour une séance photos. Je fais le clown pour les dérider, pour qu’elles sourient ; ça marche plutôt bien. Toutes les filles sont passées en revue, dans une ambiance bonne enfant. Quelle plus belle récompense que celle-là que le sourire d’un enfant : Noël approche,…

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Nous décidons assister à un spectacle de danse indienne de Noël par groupe d’âge. Elles sont magiques ; la légèreté de l’Etre apparaît en pleine lumière sous nos yeux. Mon petit cœur d’artichaut frémit; comme ma branche de l’amandier dont je vous parlais précédemment, Mon Enchanteresse est revenue ; il est possible d’être heureux.

Je les embrasserais toutes, douloureuse pensée que de les savoir malades. Ici, dans cet havre de paix, elle trouve le réconfort. Nous repartons le cœur léger. Je file voir mon agence de voyage, retour à la réalité.

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Devant l’agence de voyage fermée, bien entendu à la veille de Noël, je rencontre Kirtana et Keety, respectivement la sœur de et la maman de Ravi que vous avez pu voir à de nombreux événementiels. Elle nous accompagne distribuer les cadeaux aux enfants de la pouponnière. 23 petits bouts, ressemblant à moi petit. Je revois les photos sur facebook de 2011 où Maya tient dans ses bras l’un d’entre eux, Léo s’accrocher à nous, Noé tenter de jouer. Ils reçoivent les doudous – vous verrez tous les films à mon retour – ils sont trop long à télécharger –ils nous regardent ; Kirtana entame un chant de Noël ; j’ai un nouveau-né dans mes bras, mon quatrième ?

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La journée enchanteresse se termine chaotiquement. Nous n’arrivons pas à nous connecter sur Facebook pour parler aux enfants ; vacherie numérique et 3G de m…. ; j’insiste, je nous mets tous en retard pour la Messe de Minuit à Notre-Dame des Anges. Pas dans l’ambiance du tout, j’attends que le temps passe inexorablement. Ma Rose qui m’a occupé toute la journée s’endort, elle a perdu quelques pétales que je fourre délicatement dans ma poche pour ne pas oublier ses moments de tendres bonheurs. Mon Etrangère me caresse le dos, le vent souffle sur ma nuque ; le froid revient sur mes pensées bruxelloises, tellement sombres… j’ai tellement froid. C’est dans ces moments d’extrême solitude que la paix du cœur doit entrer dans la danse. Thérapie à deux balles cinquante dirions-nous : » S’il n’y aura pas de Noël en famille – pourtant je suis bien entouré – … cette année, je vous souhaite du fond du cœur que le vôtre soit fait de paix, de tendresse et d’amour fraternel !

Je vous embrasse »

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Mercredi 25, et jeudi 26 décembre 2013

Les feuilles sont blanches, les pages sont passées, l’inspiration n’est plus là ; je regarde par-dessus ma terrasse indienne si les choses ont changé. Rien en bouge, les choucas crient leur désespoir, les chiens se partagent un repas abandonné, quelques touristes prennent des photos de bâtiments décrépis, quelques Indiens, assis contre le mur de l’enceinte de l’église discutent et palabrent sur leur paresse. Je saute le temps, pas grand-chose à vivre sinon l’angoisse de se trouver un nouveau billet d’avion pour rentrer à temps, ironie d’une histoire où on se retrouve dans le nombril de Dante : « Plus je me rapproche de l’Enfer, plus il me faut remonter l’escalier qui me conduira au Paradis. ». Moi, je stagne et hésite, comme entre deux paliers, reprendre son souffle. J’opère mes choix et recommence à monter. Je  parcoure les rues et téléphone sans cesse pour trouver une solution. Elle n’apparaît pas mais je sais qu’elle n’est pas loin. En ce jour de Noël, rien à se mettre sous la dent. Tout le monde est en famille. Hormi le repas des Sœurs, je lis et gratte quelques notes. Rien de bien inspirant. Le billet n’est toujours pas arrivé. Je rencontre une chouette fille au Satsanga, nous mangeons avec Pierre et parlons des absurdités administratives et des personnes qui  ont peu de pouvoir et qui l’utilisent pour nuire. Je me promets de m’en souvenir. Il faudra remettre notre départ pour Karaikal à vendredi. Pas d’autres solutions. (à suivre)

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Vendredi 27 décembre 2013

Après le saut de l’Ange – heureusement il a des ailes- retour sur les routes, enfin, des Enfants de Pondy qui me conduisent en trois heures sonnantes de Pondy à Karaikal. Nous sommes attendus par des soeurs tellement chères à mon cœur ; toute la famille se retrouve autour d’elles, Maya a même été baptisée par son nom : Maya – (sœur) –Lourdes-Mary et sa complice de toujours Sœur Myriam. Plus de vingt ans maintenant d’un Amour parfait. Nous nous sommes rencontrés à mon premier retour chez mon Etrangère en 1991. Elles se sont occupées de moi pendant 18 mois, à la pouponnière de l’hôpital. Je reviendrai toujours vers elles. Une rencontre entre l’amour d’une mère et son fils, d’une sœur à son Brother,un retour à la maison. Depuis mardi, à cause d’une lettre et d’un billet d’avion, j’ai décroché quelque peu de mes projets auxquels nous tenons vraiment, m’emballant dans le nocif. Mon Amoureuse me le rappelle ce matin ; je reviens vers vous avec cet esprit qui vous explique notre Association, et nos activités. Ne m’en voulez pas, c’était juste un instant de … dans un long voyage. De retour,… « Here, I’m ! ». P1140701

Après ces deux premiers reportages exceptionnels, Marie et Daniel sont de nouveau avec moi pour découvrir Karaikal ! Rien que d’en reparler dans la voiture,… : de la naissance de notre rencontre à la construction de ceux-ci, voire à l’aboutissement, des événementiels réussis tout au long de cette année 2013, nos longs moments de partage, la récolte immense des jouets pour la Saint-Nicolas, du nombre croissant des cotisants, des sommes « modestes » (et pourtant tellement importantes) récoltées en regard des objectifs, l’accueil du projet ambitieux des pionniers, la volonté des parents accompagnateurs, le bénévolat de tant d’amis tout au long des activités, l’implication et l’engagement des membres du bureau,… Charlotte et moi sommes heureux et fiers de cette aventure humaine… Je la partage avec les Sœurs à notre arrivée… il y a de la gratitude, de la confiance, dans leurs yeux. Marie et Daniel sont dans leur hôtel 5 étoiles ! Nous sommes à Karaikal ! « Et loin de tout, loin de moi                 C’est là que tu te sens, chez toi, C’est là que tu dors, Où tu reviens chaque fois,… Et où tout finira, (…) parce que l’on a tant besoin Que l’on ait besoin de nous. Et elle forme les stigmates de nos chairs et de nos sangs Comme une mère préfère un peu, Son plus fragile enfant !

(« Il y a », Jean-Jacques Goldman/ Entre Gris clair et Gris Foncé, Poulidor, 1988)

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Le naturel revenant au galop ; elles me confirment que la venue de tous les jouets récoltés attendra notre retour en juillet, qu’il est inutile de payer le fret par bateau ni le transport par avion : les 19 caisses arriveront avec les pionniers. Malgré la symbolique de Noël un peu ratée,je suis rassuré.La distribution faite par les Py eux-mêmes n’en sera plus que symbolique ; le tout dans un grand geste de solidarité et un grand moment de rencontre. Les projets prennent forme et deviennent réalité. Les pionniers dormiront vraisemblablement au Community Collège le temps de leur passage. Leur itinéraire est construit : une belle journée fatigante en bus à travers les rizières : de Pondy, halte au magnifique temple de Chidambaram, visite et lunch, et trajet jusque Karaikal, marche jusqu’à l’hôpital de Cluny. Les Sœurs prennent note, pour la première fois. C’est un repas de fête d’accueil après une longue ballade sur la digue. Demain, le boulot nous attend et nous prendra une bonne partie de la journée. Vient la nuit, une que je voudrais douce et agréable mais  emplie de moustiques qui chantent à mes oreilles, me bercent,… pour me piquer le peu de sucre dans mon sang ! Sales bestioles ! P1140843

Samedi 28 décembre 2013

            Départ dès 10h00 pour la Cluny’sNavaJeevan, soit la maison d’accueil des enfants handicapés. Elle n’a, hélas, pas changé ; les Sœurs n’ont pu obtenir le prêt pour déménager contrairement à ce qui était encore possible en mai. La maison est toujours aussi insalubre. Je me désole de la présenter ainsi. Marie et Daniel photographient à tout-va, ils ont raison, nous avions fait la même chose, je me recule pour les regarder faire : c’est le but, que toutes celles et ceux qui y viennent en deviennent les témoins avec leurs propres photos, envies et coups-de-cœur.

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Nous réalisons une séance photos des plus intéressantes et amusantes : tous nos enfants défilent à nouveau sous les caméras et appareils photos. Le contraste est saisissant entre la timidité des Filles de la Villa Rosalie, la sévérité et le sérieux des Street-Boys. Ces enfants nous font leur plus beau sourire, sans se cacher, sans main sur la bouche, avec une sincérité telle que nos cœurs ne peuvent que frémir. Vient ensuite, une interview des Sœurs dans la cours intérieure de cette typique maison tamoule délabrée… Avec Daniel qui traduit sans cesse, prend ses responsabilités, Marie en arrière qui continue inlassablement à filmer aussi et prend un autre angle,  plus sensible sans doute, instantané. Vient enfin le moment tant attendu de la danse indienne préparée par les aides soignantes. Je me retrouve huit mois en arrière avec la même fascination : coordination des mouvements, concentration, sourires, envies. Charmeuses ? Certainement. C’est un magnifique projet mais, bons sang, qu’elles puissent un jour déménager de cet endroit pour un autre, histoire de leur offrir un accueil adapté à leurs besoin s !!!

Lunch vite avalé à l’école de Cluny,…  …et nous nous dirigeons à une centaine de mètres de là, au Community Collège : La Maison est un don de Monsieur Rock, lequel avait déjà largement contribué à l’édification(à l’époque)  de l’hôpital de campagne des Sœurs de Cluny à Karaikal. Monsieur Rock est décédé ce mois de mai dernier d’une crise cardiaque ; il laissera derrière lui l’investissement de toute une vie : la lutte contre toutes les pauvretés et abandons, une lutte sans condition contre la misère, et un engagement de tous les instants en créant une pouponnière, une maison d’accueil pour personnes âgées, un hôpital, une maison pour l’insertion professionnelle.

Que cette lettre et ces carnets lui soient dédiés. Ici c’est encore plus facile à leur faire partager mon projet pédagogique, je suis en classe – ça pourrait être la mienne – l’endroit favori de mon boulot quotidien.

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De suite, la relation s’enclenche, je suis dos au tableau, je les regarde. Mon discours en anglais sur l’utilité d’étudier, de travailler, de mémoriser fonctionne. Rien à voir à ma réalité cruelle de mon Collège bruxellois où ce genre de discours n’opère plus. Contraintes, à la différence des miens, d’être confrontées à la violence sociétale, culturelle, religieuse et économique : ici, le combat de toutes ces jeunes filles est d’être armées avec un diplôme contre la dureté du monde du travail.

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C’est la garantie d’un devenir meilleur, du possible qui sort la famille entière de la misère. Je suis prof dans l’âme, je sentirai toujours cette vibration quand je leur parle,… personne ne pourra me l’enlever. Comme au théâtre d’antan, je les coache, avant de parler devant la caméra. L’interview se passe dans la classe, SisterDassy prend la parole après ma courte présentation ; ensuite je passe de banc en banc pour surprendre l’une ou l’autre et l’invite à se présenter.  Le premier essai de la séance photo filmée n’est pas concluant, nous recommençons alors de nouveau, de retour en classe.

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Daniel traduit tout en Tamoul, ose même me présenter à plusieurs reprises sous d’autres formes. Ça y est c’est dans la boîte !!! Mon Pondichérien est toujours là quand il faut bosser ! J’ai hâte de voir les films, hélas trop lourds à télécharger de chez les Sœurs. Marie en a une quantité égale, … Mon Dieu, il va falloir faire le tri ! Nous les quittons à contre-cœur, comme toujours, sur une magnifique dernière chanson traditionnelle tamoule. En quittant le Collège fatigué, je réalise le boulot réalisé ! Quelle redondance ! Mais au moins, c’est clair ! P1140824P1140823P1140813

Marie et Daniel partent pour une prière à Velankani, lieu de pèlerinage, lieu d’apparition de la Vierge Marie. Moi, je prends mon temps, je dois vous écrire, plus positivement, plus dans l’esprit d’un voyage avec mon Amoureuse.

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Je ne sais si l’exercice de style est retrouvé ? A vous de me le dire…  Je vous retiens dans mes pensées. A lundi ? Affections.

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Mercredi 1er janvier 2014.

La question qui taraude tous les voyageurs et que je me pose est de l’ordre du partir. « Faut-il que tout doive toujours se terminer pour retourner à Sa source ? » Une image des évangiles, sans prosélytisme aucun,me revient en mémoire, une histoire autour d’un puits, une histoire de rencontre amoureuse entre un gars nommé Jésus et une fille magnifique, tellement belle qu’on en reste la bouche ouverte. Bref, il a soif, notre Jésus, tellement soif ; à force  de parcourir les routes sur des chemins poussiéreux par une chaleur presqu’indienne. Une Kingfischer ? Sans doute, personnellement, je ne me ferais pas prier., lui, il demande de l’eau, d’un puits nommé Jacob. La Samaritaine lui répond : « Comment est-ce toi qui me demande à boire ». … « Si tu bois à cette source, tu n’auras plus jamais soif ! ». Charlotte et moi avions déjà choisi ce passage lors de notre célébration de mariage. La Source ne tarit pas,… Cette Samaritaine, n’est-elle pas devenue mon Etrangère ?

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Elle, mon Etrangère me donne soif elle ! A force de courir sans cesse, de rendez-vous en rendez-vous, du temps qui passe, des rencontres. Je vous avais laissé dimanche dernier. Qu’ai-je fait en 5 jours ? Vous n’allez pas le croire mais c’est un voyage full-time. Je me suis tout de même octroyé deux après-midi sur la plage ; une plage de rêve, immense, personne aux alentours, pas un déchet, le soleil, une eau à 25 degrés au moins, une température qui frôle les 33 degrés, … je pense à vous là-bas. Et en y repensant, ça ne me donne pas l’envie de revenir si vite. Je repasse inspecter lundi les 2 projets à Karaikal, j’examine aussi toute la désolation de la maison d’accueil des enfants handicapés. Je reste un long moment là-bas. En soirée, je peaufine l’accueil des pionniers avec Sœur Myriam, qui, bien que plus Sœur Supérieure, s’occupera de la venue des Scouts. J’écris tout leur programme en anglais, elle rigole de mes phrases. Après une discussion de plus de deux heures,je les quitte tard dans la soirée. Le planning est fait, je n’ai plus qu’à le présenter à la sœur provinciale mercredi ou jeudi.

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Comme le nouveau-né revient sans cesse têter au sein de sa mère, je m’abreuve des dernières images, des passants en tout genre ; ce soir, c’est l’aube d’une nouvelle année. Sera-t-elle celle qui me redonnera cette énergie positive dont nous avons tellement besoin ? La roue tourne et je sais, qu’à présent, pour moi et tous les miens, elle tourne dans le bon sens. Un au-revoir est toujours un rendez-vous manqué. Hier soir, les Indiens sont devenus fous, ils crient, dansent, se congratulent, s’apostrophent par des coups sur l’épaule. « happy new Year ! ». jamais autant de personnes ne me l’a souhaité ainsi ! Il faut le vivre pour le croire, les feux de bengales, les feux d’artifices, les chants, ils courent, ils dansent,… Je vous souhaite du fond du cœur mes meilleurs vœux de bonheur, joie et tendresse ! Que votre vie soit Belle !

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Ce jeudi matin, le premier jour de cette année, ma plus grosse réunion : deux heures de discussions avec la Sœur Provinciale, en présence de toutes les sœurs responsables des projets, venues même de Karaikal. Le moment est important, c’est maintenant que Prakash doit user de tous ses moyens de persuasion. Le temps du « tout se dire » est passé, il fallait le faire avant. Sœur Rosita me bénit, je rigole, elles se marrent car je ne m’agenouille pas comme les Indiens, elle m’embrasse. Le cœur fracturé entre ce jour merveilleux de douceur et de fragilité ; j’entrevois une pensée misérable de la violence des combats à venir dès mon retour. Bizarre d’y penser au moment d’un baiser.

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P1140968 J’ai rempli mon contrat : les Py et les parents accompagnateurs seront merveilleusement accueillis ; à eux à présent de réaliser leur projet, d’entrer de pleins pieds dans le nôtre ; les craintes des Sœurs face à tant de monde qui arrive est vite oublié ; elles savent que Charlotte et moi seront là ! Elles espèrent qu’ils viendront dans l’idée du service, de la gratuité, de quelques dons aussi. Je les rassure. Pari réussi en deux semaines au lieu de trois. Après ces heures de discussions, je file au marché acheter l’artisanat, pour vous,… Je vous inviterai chez moi à une vente à domicile. Vous ne serez pas déçus, j’en ai pour 15 kg : collection hiver : des châles à l’écharpe, des chemins de tables, des marionnettes, des bijoux,… Marie et Daniel reviendront avec la Collection Printemp- été en avril avec les T-shirts, vêtements, pantalons,… Venez nombreux ! À ma source, Sœur Sahayam me dit : « Comment ne pas te croire et suivre ; tu emportes tout sur ton passage, tu es « Noorty » mais « webelieve in you, you’reouronlychild ».

Elle me dit de ne rien changer, elle priera pour moi, pour qu’à mon travail se lève enfin le voile de l’incrédulité, que peut-être, avec ce voyage, Prakash l’emportera sur le Fab’. Peut-être,…

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Je l’ai reconnue mon Etrangère, c’est Ma Samaritaine à moi. J’y repense en faisant mes bagages matin. Auprès de mon puits indien appelé Cluny, je chante au petit matin trois chansons taizéennes à la messe en Tamoul. Le lien est fait, de cluny à Taizé, il n’y que 10 kilomètres, je fais la distance. Auprès de mon puits, je me suis rassasié, je reviens dans six mois avec mes plus beaux cadeaux, mon amoureuse et mes trois merveilleux enfants. Auprès de mon puits, j’embrasse ma Samaritaine une dernière fois, je rejoins mon Amoureuse sans qui, aucun de mes agir ne seraient possibles, cette association, c’est la tienne ; grâce à ta confiance, ton élan, ces projets sont avants ! Je reviens vers toi, avec un Amour encore plus grand, je te donnerai de cette eau, prise en cachette à ma Samaritaine, une eau qui nous fera revenir si vite, ici, il y a de l’Amour dans ce puits. Auprès de mon puits, Mon Etrangère à tes yeux, ceux de nos enfants, ceux des enfants que nous soutenons, les yeux des enfants de la Pouponnière,… P1100631Auprès de mon puits, si la légende tamoul nous dit que « Prakash » veut dire « Lumière » ; – j’ai des doutes – alors « Charlotte » dans cette langue si bizarre à nos oreilles doit bien résonner en « Source ». Je vous embrasse, à bientôt à Bruxelles !

Mardi le 07 janvier 2013

Chères amies et chers amis,

Les dernières lignes pour clôturer une mission de travail exceptionnelle.

Il me restera …

… Les rencontres d’une Inde parfois Etrangère, parfois Samaritaine, parfois si proche et lointaine,

… Les retrouvailles avec les Enfants, nos projets,

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… Les séances de travail avec les Soeurs supérieures de chacun des projets, la Soeur Provinciale,

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… La réalisation aboutie du voyage des Pionniers et des parents,

… Nos repas et verres d’amitiés avec Catlheen Dumont et Pierre au Stasanga,P1140902

… Nos participations aux spectacles des enfants,

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… L’achat de l’artisanat au marché Goubert de Pondy avec Marie, …

… La réalisation des films de présentation et les séances photos des enfants de nos projets avec Daniel, …

 

 

Et Maintenant ?

Il reste Vous !

Tellement importants pour la réussite de notre Association.

Vous avez été près d’un millier à nous lire tout au long de ce voyage !

Nous vous attendons pour lire vos commentaires, laissez-les nous sur le site;

ainsi notre blog vivra grâce à vous.

Dans les semaines qui viennent, nous vous partagerons les films sur You Tube,

les liens seront disponibles sur le site dans l’onglet des projets.

Le site sera réaménagé en fin de semaine et les photos illustreront les carnets de voyage.

Viendront ensuite nos retrouvailles, une vente d’artisanat à domicile, les soupers et autres activités;

… avant un départ prochain en juillet avec nos nouveaux témoins :

Les pionniers de la 77° de Beauval se rendront sur place en juillet

pour un voyage d’animations pour tous les enfants de nos projets !

Un dernier mot encore, …

Un tel voyage ne peut se vivre sans l’aide et le soutien de mes proches d’ici et de là-bas.

Marie et Daniel

Vous avez été exceptionnels de disponibilité !

Votre amitié et votre engagement sont la réussite de mon voyage !

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Merci du fond du coeur pour tout ce que vous avez réalisé là-bas et que vous réaliserez encore.

Toute l’Association se joint à moi pour vous vous souhaiter tous nos voeux de bonheur,

joie et tendresse pour cette année 2014 !

Pensée particulière à Papa, nous lui souhaitons un prompt rétablissement !

 

Merci à ma Petite Famille,

Vous m’avez accompagné tout au long de mes routes indiennes, sur la Route des Enfants de Pondy,

Merci Eléonore, Noé et Maya,

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Merci Mon Amoureuse,

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A bientôt ! Que votre vie soit belle !

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